Archive for novembre, 2012

Des suites (mais pas que) chez l’éditeur Delcourt

30 novembre 2012  |  Non classé

D’abord, deux titres chroniqués ici, dont la suite est parue tout récemment.

Magasin Sexuel, de Turf, dont le second tome termine l’histoire. Le quotidien morose d’un petit bourg qui se retrouve légèrement bouleversé par l’arrivée d’un sexshop ambulant qui trouve vite sa clientèle au marché hebdomadaire…ce qui n’est pas vraiment du goût du maire (pour plus d’infos, la chronique du tome 1 est ici).

Ensuite, Love so life, un shojo tout mignon où une adolescente devient la babysitter des deux jumeaux qu’un jeune présentateur télé à succès doit élever depuis que son frère a disparu (chronique du tome 1 ici).

Enfin, Delcourt réédite les bandes dessinées de Pénélope Bagieu (que l’on ne présente plus sur Madmoizelle, et qui chronique ses coups de cœurs bd en vidéos régulièrement). Pile à temps pour Noël. L’occasion de compléter sa collection de Joséphine (3 volumes disponibles) qui raconte les, très drôles, aventures d’une trentenaire célibataire un peu loseuse, ou d’offrir à quelqu’un qui ne la connaitrait pas encore la compile de son blog, Ma vie est tout à fait fascinante.

Moi René Tardi, prisonnier de guerre au Stalag II B

27 novembre 2012  |  Coups de coeur, Mes incontournables

Jacques Tardi est, à mes yeux, l’un des auteurs de bande dessinée les plus incontournables. Son dessin sombre et superbe en même temps, nous plonge dans ses histoires, qu’elles soient du genre polar, ou bien historique, parfois teintées de fantastique comme dans Adèle Blanc Sec. Il revient aujourd’hui avec sa bd la plus personnelle jusqu’ici, puisqu’il y raconte son père, et plus précisément les presque cinq années qu’il a passé au Stalag II B, un camp de prisonniers de guerre dans l’Allemagne de la Seconde Guerre Mondiale.

Tardi a toujours connu son père en colère, mais ce n’est que dans les années 80 qu’il lui a demandé de lui raconter, à l’écrit, son histoire. Il avait dans l’idée d’utiliser cette base pour peut-être, un jour, en faire une bande dessinée. Son père s’est attelé à cette tâche, remplissant quatre cahiers d’écolier de sa vie en détention, racontant dans le détail ce quotidien qui l’a brisé, comme beaucoup d’autres prisonniers de guerre. C’est finalement bien des années plus tard que Jacques, le fils de René, fait une bd sur l’histoire de son père, premier tome d’une saga familiale qui s’annonce haute en couleurs, mais qui commence de manière très dure et sombre.

René Tardi s’est engagé dans l’armée, sentant que la guerre avec l’Allemagne allait avoir lieu. Après une longue attente, et sous un commandement désastreux, il finira prisonnier, au bout de quelques jours seulement. S’en suivront presque cinq années à survivre dans un camp surpeuplé, dans la violence et la misère. La bd s’articule comme un dialogue entre le père et le fils, Tardi reprenant les mots de son père, et dynamisant le récit par ses questions. Il crée aussi ce dialogue qui n’a jamais eu lieu en vrai, regrette les questions qu’il n’a jamais pris le temps de lui poser…René Tardi raconte son quotidien en détails, la faim, les amis, le marché noir, la violence des gardes, les petits boulots qu’il a fait, ses projets d’évasions, les colis que sa femme lui envoyait, les conditions de vie, des couchages aux douches, des latrines aux petites installations pour tenter, assez vainement, d’améliorer des repas minuscules et dégueulasses.

Moi René Tardi, prisonnier de guerre au Stalag II B est une bande dessinée essentielle. Au delà même de tout le talent de l’auteur, c’est un témoignage de ces oubliés de l’Histoire. 1,8 millions de français ont été fait prisonniers par les allemands pendant la Seconde Guerre Mondiale, et Pétain les as laissé dans ces camps sans un remord. Beaucoup d’entre eux sont morts, de faim, de maladie, mais aussi sous les balles de leurs gardiens. Les autres sont rentrés brisés par ces années de souffrance, mais également honteux d’être des ‘perdants’, d’avoir perdu la guerre, d’avoir été prisonniers. Les pères de la plupart d’entre eux avaient fait 14-18, s’en étaient sortis victorieux, et ne considéraient pas comme leurs égaux ces vaincus. Ces hommes ont gardé le silence, ravalant leur souffrance, gardant pour eux ce qu’a été leur quotidien loin de ceux qu’ils aimaient.

Ce témoignage est captivant, nous plongeant vraiment dans ce qu’a été leur vie, dans les plus petits détails. Le texte a beau être très long et dense, le talent de Tardi fait qu’on reste suspendu au récit de la première à la dernière page. Dans les bulles, les explications de son père, et dans les cases, le duo père-fils qui évolue au milieu des décors que René Tardi décrit. On sent ici l’énorme travail de documentation pour rendre le camp dans sa réalité. C’est un très bel hommage à ses hommes qui ont gardé la tête haute, ne se sont jamais complètement soumis à l’ennemi. Le récit réussit même parfois à être presque léger quand René Tardi raconte les milles et une petites choses que les prisonniers de guerre avaient imaginé pour rendre fous leurs gardiens.

Moi René Tardi, prisonnier de guerre au Stalag II B est vraiment une aventure familiale, car Jacques Tardi a mis à contribution son épouse (qui signe notamment la préface), sa fille, qui fait les couleurs, et son fils, chargé de la documentation.

Une bande dessinée nécessaire, très dure mais vraiment passionnante. Elle fait d’ailleurs partie de la sélection Angoulême 2013.

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Quelques interviews sur Madmoizelle

27 novembre 2012  |  Non classé

Ces dernières semaines j’ai eu l’occasion d’interviewer des auteurs très chouettes (et ça n’est pas terminé !). Les interviews sont publiées directement sur Madmoizelle, donc au cas où vous les auriez raté en voici les liens : Cha et ElDiablo pour Pizza Roadtrip, Zidrou et Oriol pour la Peau de l’Ours, Guillaume Bianco pour Billy Brouillard et Michaël le Galli et Arnaud Bétend pour Batchalo.

L’actu en patate tome 2 Jusque-là tout est normal

27 novembre 2012  |  Coups de coeur

Martin Vidberg, auteur de bd aux personnages-patate, distille son regard plein d’humour sur l’actualité sur son blog, hébergé par le Monde. Delcourt et sa collection Shampooing, qui édite plusieurs des blogs à succès en version papier que compte la blogo bd française (Boulet, Bastien Vivès…) sort ce mois-ci le tome 2 de la compilation de ce blog, l’Actu en patate, qui regroupe une sélection des dessins parus de septembre 2011 à septembre 2012.

Le résultat, c’est un regard drôle mais aussi lucide sur l’actualité.Il y aborde surtout les évènements politiques (élection au sein du PS, Présidentielles, crise…) mais aussi d’autres sujets comme les JO. L’occasion de se remémorer cette année riche en rebondissements, de rigoler, mais aussi d’en apprendre un peu plus sur les dessous de la campagne, car Martin Vidberg a été invité à une conférence de Hollande, et a suivi des militants lors de déplacements en régions des candidats Philippe Poutou, Eva Joly et François Bayrou.

L’Actu en patates, Tome 2 : Jusque-là, tout est normal sur Amazon

Les cinq légendes

27 novembre 2012  |  Non classé

Les cinq légendes est le nouveau film d’animation de chez Dreamworks qui sort cette semaine au cinéma. Pour l’occasion, l’éditeur Glénat publie en édition française une bande dessinée tirée du film.

Cette bd, plutôt jeunesse, n’est pas une adaptation de l’histoire du film, mais comprend en fait deux petites histoires complètes inspirées de l’univers des Cinq légendes.

Graphiquement très jolie, les histoires sont assez courtes mais séduiront justement les plus jeunes grâce à ça. Les histoires sont prenantes, allient humour et magie, et éveille la curiosité sur l’univers du film. A réserver donc plutôt à un public jeunesse, le lecteur adulte risquant de rester sur sa faim.

Les cinq légendes sur Amazon