Archive for juillet, 2012

Batman tome 1 – La cour des hiboux

18 juillet 2012  |  Coups de coeur

Voilà un début de série qui ravira autant les fans de la chauve-souris que celles qui aiment les polars bien sombres.

En comics, les super-héros vivent de nombreuses aventures qui ne se suivent pas forcément. Pour vous résumer un peu celle-ci, je pars du principe que vous connaissez un peu le bonhomme. Vous avez sûrement toutes vu au moins un des films.

Bruce Wayne s’apprète à lancer de grands projets pour Gotham City. Lors de la soirée de présentation de son plan de rénovation de la ville, il rencontre l’un des candidats au poste de Maire de Gotham, avec qui il semble partager un amour profond pour la ville. En parallèle, la police fait une nouvelle fois appel à Batman pour les aider à enquêter sur un meurtre d’une rare violence . Très vite, ils découvrent sur les lieux du crime un message adressé à… Bruce Wayne.

Bruce va devoir jongler entre ses deux identités pour avancer dans cette affaire mystérieuse, qui semble liée à une comptine pour enfant ancrée dans l’histoire de la ville : La cour des hiboux. Une ritournelle en apparence innocente, mais qui fait office de légende urbaine. Batman ne croit pas en l’existence de cette cour, mais en progressant dans son enquête, il risque bien de voir ses certitudes voler en éclat, surtout quand de sombres secrets de famille remontent à la surface.

Ce premier tome est une petite bombe, que ce soit graphiquement, avec un dessin superbe, ou par un scénario vraiment prenant.

À la fois très moderne, Batman usant comme à son habitude des dernières technologies, et rétro, avec une histoire qui s’étend sur plusieurs générations, cette cour des Hiboux s’inscrit vraiment dans l’univers Batman. C’est je crois une des forces de ce héros et de son univers. Il a une vraie profondeur, une histoire ancrée dans le temps, mais en même temps il ne cesse de s’adapter au goût du jour, avec des gadgets qui en mettent toujours pleins les yeux (et l’emblématique Batmobile). Ici, on se plonge dans l’histoire des Wayne…mais aussi dans celle de la ville. Gotham City vole presque la vedette à l’homme chauve-souris, se révélant tour à tour accueillante et inquiétante. Car pour ce héros, sa ville fait autant partie intégrante de son identité que sa cape.

L’histoire se lit, que l’on connaisse bien l’univers Batman ou non, et se dévore même. Le connaisseur y verra plus d’un clin d’oeil, mais le néophyte ne sera pas perdu dans des histoires précédentes nécessaires à la compréhension de l’intrigue. Les personnages sont intéressants, et on ne sait jamais trop s’il faut leur faire confiance ou non. Ce début d’enquête, riche en rebondissement, donne très envie de lire la suite… L’histoire est déjà très dense et pleine de rebondissements, mais plutôt que de résoudre l’énigme, on semble découvrir à chaque page de nouveaux secrets à élucider. A noter que ce volume est assez sombre, parfois violent, très éloigné de l’image un peu enfantine que l’on peut avoir.

Un gros coup de cœur.

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La peau de l’ours

9 juillet 2012  |  Coups de coeur, Mes incontournables

Deux ans plus tard, je suis encore bouleversée par la lecture du très beau Lydie (que je vous surconseille). J’ai donc pris cette Peau de l’ours entre mes mains avec des étoiles plein les yeux, sans même savoir de quoi cela parlait.

A nouveau, Zidrou (que l’on connait surtout pour des séries comme L’Élève Ducobu, Tamara…) raconte les histoires qu’il a dans la tête avec un talent hors du commun. Il sait aussi s’entourer de dessinateurs géniaux. Cette fois-ci Oriol, dont le style colle à la perfection à l’atmosphère de l’histoire.

Quelque part en Italie, Amadeo gravit en vélo le chemin qui l’amène à son petit boulot quotidien : lire l’horoscope à un petit vieux. Mais ce jour-là, celui-ci se met à lui raconter son histoire…

Et l’on part avec eux aux États-Unis, dans les années 30. Celui qui est aujourd’hui Don Palermo débute sa vie comme dresseur d’ours. Avant que le destin ne l’amène à être l’homme de main d’un mafieux, le genre de type dont on ne voudrait en aucune façon croiser la route…Et puis il y a l’amour, le ressentiment, la trahison, la violence… et plein d’autres choses encore qui font qu’aujourd’hui il est là, et qu’il attend.

Cette BD est un bijou. Vraiment. Les dialogues y sont savoureux, l’humour jamais là où on l’attend. Tous les personnages sont géniaux et Zidrou dépeint avec un talent sans pareil ce qui fait l’humain. L’amour, l’amitié, la cruauté et la tendresse… On rit et puis on a parfois envie de pleurer.

Sous le soleil du matin italien, Don Palermo nous raconte son histoire, en même temps incroyable et triste, et on reste là, à boire ses paroles.

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Krrpk doit mourir

9 juillet 2012  |  Non classé

Voilà un nouveau one shot délicieusement crétin (et très trash) dans la collection Shampooing de Delcourt.

Bill, l’auteur, est déjà celui de ZbluCops, et travaillé sur Lucha Libre, l’une des séries-univers les plus débilo-cool de la galaxie.

Krrpk est un jeune extraterrestre qui débarque sur l’une des planètes les plus importantes de l’univers. Malheureusement, les étrangers n’y sont pas franchement appréciés (même s’ils sont nombreux), et en plus il se fait arnaquer de tous les côtés.

Voici donc ce pauvre petit être choupinou (d’apparence au moins) obligé de travailler pour payer son loyer (sa proprio ne tolère aucun retard de loyer, mais tolère les paiements en nature). Et puis il y a son voisin, très sympa, mais qui le pousse à claquer tout son argent en beuverie dès que son portefeuille est un peu rempli.

Si les dessins de Bill appartiennent plutôt à un style kawaïï, ses histoires sont tous les contraires. Orgies, porno, meurtres, violence, la vie de Krrpk ne ressemble pas vraiment à un conte pour enfant.

Mais on se surprend à dévorer cette bd. C’est drôle et crétin, l’univers et les personnages sont cools, et le dessin vraiment classe, même si ce qui est dessiné l’est nettement moins.

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Couette

9 juillet 2012  |  Non classé

Une petite note sur une nouvelle série destinée à la jeunesse, mais dont l’univers mignon et récréatif m’a tapé dans l’œil.

Couette est une petite fille née dans une goutte d’eau de la dernière pluie, et elle s’installe sur terre, en y amenant de la couleur et de la fantaisie. Elle rencontre un joueur de guitare qui fait la manche, et, par sa simple présence, rend sa vie un peu plus jolie.

Si vous avez une petite cousine qui lit depuis peu dans votre entourage, c’est le genre de petits titres mignons, un brin magiques, et intelligemment fait qui pourrait bien lui plaire…

Couette, Tome 1 sur Amazon (premières pages en lecture)

Scalped

9 juillet 2012  |  Coups de coeur, Mes incontournables

Encore une tuerie, déjà chroniquée par ici, mais dont je vous recause à l’occasion de sa réédition chez Urban Comics.

Scalped est un polar (très) sombre et (très) violent en pleine réserve indienne.

Dashiell Bad Horse (le prénom le plus badass de tous les temps, comme on nous le fait très justement remarqué dès l’intro) a quitté sa réserve à 13 ans. Il y revient plus d’une dizaine d’années plus tard, avec encore plus de rage en lui qu’à l’époque. Contre sa mère, militante qui l’a privé d’une enfance heureuse et remplie d’amour, mais aussi, semble-t’il, contre le monde entier.

Dès son arrivée, il se fait remarquer et embaucher en tant que flic par son oncle, qui est un salopard de première autant qu’un homme puissant.

Si Dashiell est revenu, il y a forcément une raison. Mais parmi toutes celles que l’on va découvrir ici, difficile de savoir celle qui l’a poussé à revenir se confronter à ses vieux démons.

Scalped est explosif. Autant graphiquement qu’au niveau du scénario, on en prend plein la tête. Dashiell ne fait pas vraiment dans la dentelle, et de toute façon il n’est pas vraiment entouré d’enfants de cœur. Si les statistiques disent que le taux d’alcoolisme est plus élevé dans la réserve que n’importe où ailleurs, elles ne font que survoler l’atmosphère déglinguée des lieux. Et ça n’est pas l’ouverture prochaines d’un immense complexe de casinos qui va arranger les choses…

Un énorme coup de cœur, très brut, à déconseiller aux âmes sensibles, mais qui offre un regard sans concession sur un pan trop peu connu de l’Amérique d’aujourd’hui. Scalped c’est le reflet d’une des nombreuses âmes qui forment les États-Unis.

Scalped, tome 1 sur Amazon