DMZ

Décidément, les rééditions de comics chez l’éditeur Urban Comics sont l’occasion de vous parler ou re-parler de titres que j’aime énormément. DMZ en fait clairement partie.

Dans un futur proche, les États-Unis ont vécu une guerre civile violente et inattendue. Si le calme semble être à peu près revenu, deux camps se partageant les territoires, il existe une zone de non-droit dont personne ne revient et sur laquelle planent les légendes les plus folles : Manhattan. Devenue la DMZ (zone démilitarisée).

Matt est stagiaire en photo. Fils d’un homme aussi riche que puissant, il est directement parachuté sur un sujet énorme : un grand journaliste souhaite se rendre dans la DMZ… Mais l’équipe se retrouve prise dans une embuscade, et Matt est le seul survivant.

Il doit choisir entre deux possibilités : soit rentrer chez lui, en sécurité, et faire comme si il n’avait rien vu, soit profiter de cette opportunité pour raconter au reste du monde ce qui se passe réellement ici… Et c’est justement très loin de ce qu’il avait pu imaginer, mais également assez éloigné de ce que le pouvoir en place souhaite que les gens pensent.

Ce comics brutal et remarquablement bien foutu nous plonge dans un futur très réaliste. Sur une surface assez restreinte mais dans un endroit presque mythique, les personnages et les clans croisent la route de Matt, le faisant réfléchir, s’endurcir. Face à l’adversité les gens ont tous des réactions très différentes. Certains ont soif de pouvoir, d’autres veulent avant tout aider les autres… Et puis, il y a la normalité qui arrive quand même à s’immiscer dans ce monde en guerre, et qui fait du bien. De l’amour, de l’amitié. Des moments paisibles même.

Graphiquement, c’est vraiment réussi. Le trait est brut et incisif, ce qui rend le récit très immersif. On est dans la DMZ, à côté de Matt. Le récit est également parsemé d’histoires courtes, qui nous plongent dans le quotidien de personnages secondaires, et qui sont signés par des dessinateurs différents. Un petit « bonus » vraiment agréable, assez rafraîchissant et qui rend la DMZ encore plus réaliste, puisque d’autres auteurs se l’approprient et nous livrent leur vision des choses.

À noter quand même que DMZ est plutôt à déconseiller aux âmes sensibles, il y a des scènes assez dures, autant psychologiquement que visuellement.

C’est en tout cas un de mes comics préférés, intelligent, dense, qui pousse aux questionnements, avec un univers très fourni et bien foutu, et des personnages qui ne laissent jamais indifférents. C’est une réflexion sur la politique, les États-Unis, la guerre, le journalisme, mais aussi et surtout sans doute sur l’humain. Un de mes incontournables.

DMZ, tome 1sur Amazon


 


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