Archive for juin, 2012

DMZ

Décidément, les rééditions de comics chez l’éditeur Urban Comics sont l’occasion de vous parler ou re-parler de titres que j’aime énormément. DMZ en fait clairement partie.

Dans un futur proche, les États-Unis ont vécu une guerre civile violente et inattendue. Si le calme semble être à peu près revenu, deux camps se partageant les territoires, il existe une zone de non-droit dont personne ne revient et sur laquelle planent les légendes les plus folles : Manhattan. Devenue la DMZ (zone démilitarisée).

Matt est stagiaire en photo. Fils d’un homme aussi riche que puissant, il est directement parachuté sur un sujet énorme : un grand journaliste souhaite se rendre dans la DMZ… Mais l’équipe se retrouve prise dans une embuscade, et Matt est le seul survivant.

Il doit choisir entre deux possibilités : soit rentrer chez lui, en sécurité, et faire comme si il n’avait rien vu, soit profiter de cette opportunité pour raconter au reste du monde ce qui se passe réellement ici… Et c’est justement très loin de ce qu’il avait pu imaginer, mais également assez éloigné de ce que le pouvoir en place souhaite que les gens pensent.

Ce comics brutal et remarquablement bien foutu nous plonge dans un futur très réaliste. Sur une surface assez restreinte mais dans un endroit presque mythique, les personnages et les clans croisent la route de Matt, le faisant réfléchir, s’endurcir. Face à l’adversité les gens ont tous des réactions très différentes. Certains ont soif de pouvoir, d’autres veulent avant tout aider les autres… Et puis, il y a la normalité qui arrive quand même à s’immiscer dans ce monde en guerre, et qui fait du bien. De l’amour, de l’amitié. Des moments paisibles même.

Graphiquement, c’est vraiment réussi. Le trait est brut et incisif, ce qui rend le récit très immersif. On est dans la DMZ, à côté de Matt. Le récit est également parsemé d’histoires courtes, qui nous plongent dans le quotidien de personnages secondaires, et qui sont signés par des dessinateurs différents. Un petit « bonus » vraiment agréable, assez rafraîchissant et qui rend la DMZ encore plus réaliste, puisque d’autres auteurs se l’approprient et nous livrent leur vision des choses.

À noter quand même que DMZ est plutôt à déconseiller aux âmes sensibles, il y a des scènes assez dures, autant psychologiquement que visuellement.

C’est en tout cas un de mes comics préférés, intelligent, dense, qui pousse aux questionnements, avec un univers très fourni et bien foutu, et des personnages qui ne laissent jamais indifférents. C’est une réflexion sur la politique, les États-Unis, la guerre, le journalisme, mais aussi et surtout sans doute sur l’humain. Un de mes incontournables.

DMZ, tome 1sur Amazon

Docteur Yôkai

28 juin 2012  |  Coups de coeur

Décidément, les yôkais, très présents dans la culture japonaise, sont également un thème qu’ils aiment utiliser dans les mangas. Ces créatures en même temps effrayantes et merveilleuses, aussi nombreuses que variées, et dont on ne sait finalement pas grand chose, sont fascinantes.

Dans Docteur Yôkai, l’héroïne est la petite fille d’un grand exorciste de yôkais, qui n’a pas hérité de tous les pouvoirs de son aïeuls mais peut quand même voir ces créatures. Après avoir été la bête noire de ses camarades toute son enfance et une partie de son adolescence, elle a décidé de jouer le jeu à fond quand certains se sont intéressés à ses supposés pouvoirs. Un jour, elle se rend compte qu’un garçon de sa classe, solitaire et assez étrange, semble lui aussi voir les yôkais. Elle l’aborde et veut s’en faire un ami…Elle n’a aucune idée de ce qui l’attend…

Ce manga est une très bonne surprise. Le dessin est bon, les yôkais sont assez excellents, tour à tour effrayants ou mignons, et le duo de héros fonctionne vraiment bien. C’est drôle et pleins de rebondissement, et on en apprend finalement pas mal sur ces êtres si liés au japon et à ses croyances. Notamment qu’ils ne sont pas aussi méchants qu’ils en ont parfois l’air…

Docteur Yôkai T01 sur Amazon

Disney chez Pika

28 juin 2012  |  Non classé

L’éditeur manga Pika sort toute uen collection de mangas Disney. Qu’est-ce donc ? Des licences Disney adaptés à la sauce manga. Inspirés de films, de jeux vidéos etc de la firme, ces titres sauront donc parler à tous les amateurs de mangas, selon les genres.

Les deux premières séries à sortir en France sont donc :

Princesse Kilala, un shojo. Une adolescente qui rêve d’être une princesse, se retrouve parachutée dans le monde de Disney et va y vivre pleins d’aventures pour tenter de retrouver sa meilleure amie. Un manga qui mêle romance et magie, mais aussi le style manga au style Disney. Ainsi, quand l’héroïne atterrit chez Blanche-Neige, celle-ci est la même que dans le dessin animé. Et étonnamment le mélange fonctionne vraiment bien, la lecture n’est pas du tout dérangé par les manières différentes de dessiner qui se croisent dans les cases.

Kingdom Hearts est une série fantastique, inspiré du jeu vidéo Kingdom Hearts Final Mix. Sora, le héros, qui vit sur une petite île paradisiaque et s’apprète à partir avec ses deux meilleurs amis à la découverte du reste du monde, va se retrouver plongé dans l’univers Disney, pour essayer de libérer Mickey. Graphiquement réussi, c’est un manga d’aventure bien mené et qui plaira aux amateurs du genre. C’est assez classique dans les mangas de s’inspirer d’univers de jeux vidéos et c’est souvent agréable à lire, le rythme se calquant sur celui du jeu.

Ces deux mangas sont donc les premiers d’une collection qui devrait être assez large (l’Étrange Noël de Mister Jack est par exemple prévu pour l’automne, et d’après l’extrait que j’ai pu en voir il a l’air assez réussi niveau dessin) et plaire ainsi à toutes les fans de l’univers Disney.

Princesse Kilala T01 et Kingdom Hearts T01 sur Amazon

Lunes birmanes

26 juin 2012  |  Coups de coeur

Je ne sais pas pourquoi j’ai eu du mal à ouvrir Lunes Birmanes. Pourtant j’ai eu encore bien plus de mal à le refermer, bouleversée, presque nauséeuse, face à cette BD sans concessions.

C’est l’histoire d’un petit garçon, élevé par son grand-père quelque part en Birmanie. Il fait partie de l’ethnie des valeureux guerriers Zomi. Son aïeul lui montre le Soleil et la Terre, mais aussi l’étendue du monde bien au-delà des montagnes.

Mais ce petit garçon n’aura pas l’enfance heureuse et sans nuages que devrait vivre tous les enfants. Très vite il découvre la violence, la cruauté et la perte d’êtres chers, quand les soldats commencent à venir semer la terreur parmi les ethnies birmanes.

Meurtres, emprisonnements, viols, la situation là-bas dépasse ce que l’on peut imaginer. On en parle beaucoup trop peu, et l’histoire de Lunes Birmanes, très documentée, nous en montre un petit aperçu, presque insoutenable par moment.

Le héros va grandir, et se battre avec ses moyens, comme beaucoup d’autres, pour tenter de rétablir la paix dans son pays. Une lutte acharnée qui semble vouée à l’échec, et on le suit de prisons en prisons, tombant un peu plus bas à chaque fois que l’espoir renaît, perdant un à un tous les gens auxquels il s’attache.

Lunes Birmanes est un récit vraiment dur, mais il ne pourrait en être autrement tant la vie du peuple birman est faite de souffrance. On y suit ces hommes et ces femmes qui ne perdent pas espoir alors même que le sort s’acharne contre eux. On y découvre à quel point l’homme peut perdre toute humanité, comme être capable d’un amour sans borne.

La scénariste de cette bande dessinée était partie découvrir la Birmanie, elle en est revenue changée, ébranlée, par toutes les rencontres qu’elle y a faites. Essayant de comprendre ce qui dépasse l’entendement. Elle nous raconte ici ce qu’elle a vu, entendu, ces bouts de vie que les Birmans lui ont livré.

Une bande dessinée comme un témoignage, à lire pour savoir ce qui se passe vraiment dans ce pays. Violent, dur, et dont la lecture ne nous laissera pas intacte…

Lunes birmanes sur Amazon

Karma Salsa tome 1

Quelque part dans un coin malfamé d’Amérique du Sud, Ange sort de prison. Et c’est un autre homme. Pendant ses longues années d’incarcération il a appris la méditation, et ne veut plus recourir à la violence.

Enfin ça c’est dans la théorie. Parce que quand un flic pourri et son acolyte aspirant rappeur (au talent très incertain) sont à sa poursuite, que le fils de son ancien boss, qui lui en veut toujours d’avoir pris sa place, compte bien se venger, et qu’en plus Ange apprend qu’il a une fille,et qu’elle est dans les ennuis jusqu’au cou, il apparait difficile de vraiment rester un maitre zen.

Karma Salsa est un road movie vraiment agréable à lire. Le dessin est excellent, les personnages tout autant, surtout le héros, Ange, mystérieux et dense. Cette bd part dans tous les sens pour notre plus grand plaisir, l’aventure se teinte d’humour, mais aussi parfois de violence, les lieux n’étant pas des plus fréquentables. Un très bon premier tome, aussi explosif que bien mené.

Karma Salsa, Tome 1 sur Amazon (premières pages en lecture)