Archive for novembre, 2011

Eco tome 2

30 novembre 2011  |  Coups de coeur, Non classé

Il est de ces nouveautés qu’on attend avec impatience…Pour ma part, chaque titre de la collection Métamorphoses en fait clairement partie. Cette fois-ci c’est au tour du deuxième tome de la très belle série Eco de venir nous émerveiller.

Avant toute chose, Eco n’est pas une bande dessinée mais un livre illustré, mais je trouve qu’il a vraiment sa place ici…

Eco est la fille de deux tailleurs réputés, elle a une dizaine d’années. Un jour, ils lui confient une livraison, mais tout ne se passe pas comme prévu, et ses parents la punissent sévèrement. Pire encore, sa mère lui lance une malédiction.

Recluse dans sa chambre, la petite Eco va découvrir avec effroi le sort jeté contre elle. Petit à petit, mais inéluctablement, son petit corps se déforme, se couvre de bosses, de rondeurs et de formes qui lui paraissent monstrueuses.

Pour conjurer le maléfice, elle fuit sa maison, et part à l’aventure, accompagnée de 4 poupées de chiffon à qui elle a donné la vie, et qui sont devenues ses meilleures amies.

Voilà pour l’histoire d’Eco. Dans ce tome 2, nous la retrouvons donc en chemin, affrontant mille dangers, dans l’espoir, qu’enfin, tout redevienne comme avant.

Ce livre sublime se range avec évidence aux côtés de ceux qui l’ont inspiré. Contes de Grimm et Andersen, dont on sait que le côté sombre est bien loin de la version édulcorée de notre enfance. Fable sur l’adolescence et l’amitié, qui saupoudre de la poésie et de la magie sur une vie qui est parfois bien cruelle.

Et si Eco est aussi merveilleux, c’est grâce à son duo d’auteurs. Le conteur, c’est Guillaume Bianco, l’auteur du génial Billy Brouillard. Au dessin, on découvre Jérémie Almanza, au trait magnifique. Chacune de ses illustrations est un vrai tableau, plein de détails minuscules, et l’on se perd avec délice à chaque page.

Guillaume Bianco a taillé une histoire sur mesure pour l’univers de Jérémie Almanza, qui lui même brode autour des mots, des décors et des personnages incroyablement beaux.

Un conte de fée pour les grands, dur et triste, mais à l’incroyable délicatesse. Un petit bijou, à découvrir absolument.

Eco, Tome 2 : La Bête sans visage sur Amazon

Et puis, pour mieux vous plonger dans l’univers, pour vous mettre l’eau à la bouche, voici une superbe vidéo teaser, réalisée pour cette sortie.

D’Artagnan, le Journal d’un Cadet

29 novembre 2011  |  Coups de coeur

Décidément, les Trois Mousquetaires de Dumas inspirent les auteurs de bd avec un réel succès. Il y a eu la vénéneuse Milady de Winter, une bd vraiment très très bien, parue chez Ankama, et il y a également D’Artagnan, Journal d’un cadet, qui est réédité cette semaine. Une version augmentée, par des pages de croquis, et dont le prix a été baissé, passant de 35€ à 25€…

Dans cette bd, l’histoire se place du point de vue de D’Artagnan, jeune gascon débarqué à Paris avec de grandes aspirations, et qui se liera d’une amitié indéfectibles avec trois d’entre eux, aussi différents que complémentaires. Le noble Athos, le gourmand Porthos et le séduisant Aramis…Une relecture rafraichissante qui laisse donc une grande place à la personnalité de D’Artagnan, qui de héros devient un homme un peu naïf, maladroit, et très intéressé par la gente féminine.

Une bd de cape et d’épée, oui mais pas que donc. D’Artagnan, Journal d’un cadet est plein d’humour, d’aventures et de jolies filles. Le traitement graphique est lui aussi aussi intéressant qu’inventif. A la mise en page classique, mais au très joli dessin, s’entremêlent des croquis qui représentent les divagations du héros. Ainsi parfois, des femmes nues et lascives se prélassent au milieu des cases, comme dans la tête de D’Artagnan, qui partira souvent à l’aventure pour des histoires de femmes…

Une manière de découvrir ou de redécouvrir l’univers créé par Alexandre Dumas, par une relecture drôle mais toujours respectueuse de l’original.

D’Artagnan, journal d’un cadet sur Amazon

La bête du lac

29 novembre 2011  |  Coups de coeur

Ovide recherche son frère jumeau Gédéon, disparu alors qu’il était parti à la pêche, quelque part aux abord de leur village québecois, Lac-à-l’Ombre. A force de ténacité, il retrouve le chien de son frangin, qui le mènera jusqu’à un lac que tous les habitants du coin évitent, tant les légendes qui circulent à son propos font froid dans le dos.

Sur ce lac, gelé par l’hiver glacial, il fait la rencontre d’une jeune-femme, dont le corps est plongé dans l’eau. Elle lui dit être une sirène, et avoir besoin de son aide pour s’échapper. Le quotidien de ce père de famille, mais aussi celui de tous les habitants du village, va se retrouver bouleversé par cette rencontre…

Cette bande dessinée, qui mêle le quotidien d’un petit village québecois à tout un monde fantastique, inspiré de la mythologie amérindienne, est édité dans la collection Glénat Québec. C’est comme si un univers à la Magasin Général (le scénariste de La bête du lac a d’ailleurs travaillé sur les couleurs de la série) se retrouvait confronté à des monstres marins et à tout un monde qu’ils n’auraient pu imaginer.

Ce mélange donne une bande dessinée vraiment agréable, avec un beau dessin, où les femmes du village sont jalouses d’une sirène, et où les plus anodines des parties de pêches peuvent très, très mal tourner…

La bête du lac tome 1 sur Amazon

Le tome 1 de Debaser, un petit cadeau d’Ankama

29 novembre 2011  |  A lire ailleurs

L’éditeur Ankama, aussi cool qu’à son habitude, propose de télécharger gratuitement le premier tome de la série Debaser, afin de la découvrir.

Drôle et rock’n'roll, cette série manga à la française est vraiment sympa. Elle compte actuellement six tomes, et est publiée sous le label 619, qui ne sort de toute façon que des petites bombes.

Pour en savoir plus sur Debaser, et télécharger tout ça, ça se passe par ici !

Suicide Island tome 1

28 novembre 2011  |  Coups de coeur

Mais bien sûr, les mangas ce ne sont pas QUE des shojos (loin, très loin de là). Et dans les dernières parutions de Kaze, il y a aussi un bon petit seinen. Clairement à déconseiller aux âmes sensibles, mais qui mêle un suspens qui rappellera aux amateurs certains titres de survival game (genre Batlle Royal), et une réflexion profonde sur l’envie de vivre.

Et si voir la mort en face donnait envie de vivre ? Japon, dans un futur proche. Le gouvernement commence à en avoir un peu ras la soupière de dépenser une fortune pour les frais qu’entrainent les suicidaires. Alors ils ont une idée (dans les mangas d’anticipation, en général, le gouvernement a des idées de génie). Envoyer tous les suicidaires qui ce coup-ci ont finis aux urgences, mais ont signés une décharge comme quoi oui oui, sûr, ils ne voulaient plus vivre, sur une île déserte (enfin disons abandonnée, vu qu’il y a quand même pas mal de bâtiments à l’abandon). Et là, bah ils n’ont qu’à se débrouiller, qu’ils se donnent la mort s’ils veulent, mais suffisamment coupés du monde pour n’embêter personne. De toute façon ils sont prévenus, ils sont considérés comme mort au Japon, dorénavant.

Et si certains en profitent pour se jeter de la première falaise venue, d’autre vont tout faire pour…survivre. N’est-ce-pas un peu contradictoire, quand on veut à ce point ne plus être de ce monde ? En tout cas c’est comme ça, un petit groupe se forme et essaie de s’organiser pour trouver à boire, à manger, où dormir, etc. Un quotidien un peu étrange, entre naissance d’un nouvel espoir et désillusion, et mise à nue d’une humanité pas toujours très belle. Ils n’ont plus de raison de vivre, ils sont tous là pour la même raison, mais est-ce que cette raison existe encore, en eux ? Est-ce que voir la mort en face ne leur a pas donné à réfléchir sur la vraie valeur de la vie ?

Très dur, cru et violent, Suicide Island ne nous épargne rien. Pourtant, sa lecture est haletante, et plus encore la réflexion qui en découle forcément est très intéressante. Qu’est ce qui peut pousser quelqu’un à vouloir mettre fin à ses jours, et qu’est ce qui peut donner envie de vivre ? Et perdre l’envie de vivre, est-ce perdre son humanité ? Le dessin est en même temps réaliste et torturé, les personnages denses et pleins de surprises, et les paysages sont un parfait cocktail de décor paradisiaque et de lieu terrifiant. Le thème lui, est assez classique, mais la réflexion sous-jacente qu’il entraine, sans jamais tombé dans le bavard, est vraiment intéressante. Bref, un vrai bon titre, pour qui a le cœur bien accroché.

Suicide Island, Tome 1 sur Amazon