Archive for octobre, 2011

Festival Quai des Bulles à Saint Malo

25 octobre 2011  |  Coups de coeur

Le festival de bande dessinée Quai des bulles aura lieu ce weekend, ou plutôt de vendredi à dimanche.

Il est réputé comme l’un des plus sympas en la matière. Assez gros pour être sûre d’y croiser beaucoup d’auteurs et de voir de superbes expositions, mais tout de même à dimension plus humaine qu’Angoulême.

Même si le festival commence vendredi, la plupart des auteurs ne seront en dédicace qu’à partir de samedi. Tout comme les animations qui ont toutes lieu pendant le weekend. Par contre, pour flâner et profiter des expos sans la foule, le premier jour est le plus recommandé (après ça devient la cohue).

Pour le programme des festivités, la liste des auteurs invités, ainsi que les infos pratiques, tout se trouve sur le site. A noter en tout cas qu’il va y avoir beaucoup d’auteurs géniaux (ceux qui ont un blog auront pour la plupart annoncé leur présence), et que l’éditeur Delcourt est à l’honneur, à l’occasion de ses 25 ans.

- Le site du festival

Portugal

Simon Muchat est un auteur de bd qui n’a rien écrit depuis un moment. Et il n’a pas très envie de s’y remettre.

En fait, il n’a envie de rien, ces temps-ci, à part de se laisser porter par le temps qui passe. Mais ça n’est pas franchement du goût de son amoureuse, qui elle, aimerait bien le voir faire quelque chose. Et pouvoir envisager un avenir avec quelqu’un qui s’y investit.

Mais s’il voit bien les risques qu’entrainent son comportement, Vincent n’arrive pas pour autant à changer. Sans doute parce qu’il ne sait pas vraiment où il en est, et que sans point de départ, il est difficile d’aller de l’avant.

Et puis il est invité dans un festival de bande dessinée à Lisbonne, au Portugal. Ses grands-parents étaient portugais, et ont immigré en France avant la naissance de son père. Son grand-père n’a jamais voulu y retourner. Simon, lui, n’y est allé qu’enfant.

Pourtant, dès l’instant où il met les pieds là-bas, quelque chose en lui change. La langue, les gens, les lieux, l’atmosphère, le bouleversent et lui font ressentir quelque chose de nouveau, bien loin de l’état léthargique dans lequel il se complet depuis trop longtemps.

Ce pays dont il ne connait pas grand chose, il s’y sent instantanément chez lui. Et se réveille en lui un intérêt nouveau pour l’histoire de sa famille…

De retour en France, sa copine, lasse d’attendre, le quitte. Dans le même temps une de ses cousines l’invite à son mariage. Lui qui fuit d’ordinaire ce genre d’événements, se décide à y aller, et va ainsi passer le weekend avec son père, et ses oncles et tantes. L’occasion d’un retour aux sources. Parce que savoir d’où l’on vient est peut-être le premier pas pour trouver où l’on veut aller…

Cyril Pedrosa est un de mes auteurs de bande dessinée préféré. Hilarant dans Autobio, où il relate avec les aventures de sa famille, quand ils décident d’avoir une vie plus saine (du bio, une gestiondes déchets, la chasse au gaspi…et toutes les incohérences et les déconvenues que rencontrent une famille moderne dans cette quète du mieux). Bouleversant avec Trois Ombres, l’histoire toute en finesse et en poésie d’un père qui refuse de laisser partir son fils.

Portugal est une bande dessinée entre autobiographie et fiction. Un voyage à la fois réel et intérieur. Pedrosa raconte aussi bien les histoires qu’il les dessine. Tout est emplit d’une émotion rare et sublime, et je me suis plusieurs fois retrouvée au bord des larmes. C’est souvent très drôle, les personnages sont tous incroyablement beaux, et très humains. Le dessin a beaucoup de puissance, le style varie mais offre toujours une sorte de plongée dans la ‘vraie vie’. celle qui est belle par son quotidien. C’est l’histoire d’un homme qui se chercher sans savoir par où commencer. Mais c’est aussi le Portugal. Ce pays qui, je crois, change à jamais tous ceux qui y ont mis les pieds un jour. Ces paysages, cette langue, ces gens. Cet air un peu différent.

Une bande dessinée magnifique, toute en finesse et en subtilité. Pleine d’humanité.

Portugal sur Amazon

Zombillénium tome 2

Décidément, j’ai du retard sur beaucoup de sorties (mais je fais des efforts pour me rattraper, si si), mais voilà, avec deux mois de retard : le deuxième tome de Zombillénium est sorti ! Et il est très très bien.

Il est clair qu’après un premier tome aussi surprenant, rafraichissant, et cool, ce second opus était du genre casse-gueule. Parce que faire du différent, de l’original, sans tourner en rond, n’est pas forcément évident.

Mais ce tome se lit avec le même plaisir que le précédent. C’est drôle, explosif…Encore une fois, du grand Arthur de Pins.

En ce moment, ça n’est pas la grosse ambiance à Zombillénium. Parce que même si on n’en est plus à l’époque de la Chasse aux sorcières, la crise économique est passée par là. Et dans ce petit coin du nord de la France, les habitants commencent à voir d’un mauvais œil cette entreprise prospère qui n’embauche…que des cadavres. Insultes, critiques, baisse de la fréquentation, l’avenir du parc à thème est plus qu’incertain.

Dans le même temps, une petite famille tout ce qu’il y a de plus banale fait route vers le parc. C’est l’anniversaire du fiston, un adolescent renfermé et mal dans sa peau. Ce dont le trio ne se doute pas, c’est qu’ils s’apprêtent à passer une journée des plus inoubliables.

Encore une fois, le cocktail qui a fait le succès d’Arthur de Pins : style graphique à part et humour détonnant, fait mouche. C’est drôle, beau, très beau, et en plus ça explose dans tous les sens. Parce que s’il sait raconter des trucs très coquins sans verser dans le vulgaire avec Péchés Mignons, avec Zombillénium, il prouve son talent pour les bd pleines d’actions. Chaque page est magnifique. Les personnages sont géniaux, attachants et barrés, et l’univers en lui-même est aussi complet que fascinant. Bref, le genre de parc d’attraction qui nous ferait presque trouver qu’à Disneyland, ils sont petits joueurs. A découvrir très vite si ça n’est pas déjà fait.

Zombillénium, Tome 2 sur Amazon

Akuma to love song

19 octobre 2011  |  Coups de coeur

Bon, je l’avoue, quand j’ai vu la couverture du premier tome de cette série, quand j’ai lu le résumé, j’ai fait la moue. Une ambiance dark, avec croix et roses rouges, et une héroïne qui aurait un ‘sixième sens’. Bref, j’avais un peu peur d’un délire gothico-mystique, qui m’aurait gâché tout mon enthousiasme (puisque, rappelons-le, je suis accro aux shojos, et s’ils sont un peu niais, un peu crétins, et choupinoux, c’est encore mieux).

Mais pas du tout ! En fait, Akuma to love song est même un énorme coup de cœur.

Maria Kawai vient d’être virée de son lycée. La très select Sainte-Catholia. La voici donc qui arrive dans un lycée tout ce qu’il y a de plus ordinaire, et qui doit tout recommencer à zéro.

Mais forcément, déjà qu’une nouvelle attire toujours les regards, quand elle vient d’une école aussi huppée, qu’elle est incroyablement jolie, et un peu à part, on ne lui laisse pas une chance…et son comportement ne va pas aider. Car Maria ‘ressent’ les gens. Rien de paranormal là dedans, simplement, elle est douée pour lire en eux comme dans un livre ouvert, et sait deviner les véritables intentions derrières les sourires de façades. résultat, sa franchise lui attire les foudres de ses nouveaux camarades, et elle se retrouve mise à l’écart…Mais derrière la beauté froide, n’y a-t-il pas un petit cœur qui bat, plein d’espoir de voir sa vie se remplir d’amis ?

Akuma to love song est rigolo, mais surtout, il change. Parce que pour une fois l’héroïne n’est pas la fille banale (mais en fait très jolie) et un peu cruche (mais qui fait quand même chavirer le cœur de tout le monde) avec un cœur gros comme ça. Maria Kawai est belle, très belle, intelligente, et a un gros problème de sociabilité. Pourtant, ça n’est pas la bonne volonté qui lui manque, mais comment rester gentille, souriante et enjouée quand on sent que la personne en face de nous nous ment et n’est pas du tout ce qu’elle prétend être ?

Le graphisme est vraiment beau, les personnages denses et attachants, et l’on y apprend que si la cruauté se cache souvent derrière les sourires, la gentillesse peut aussi naitre là où on ne l’attend pas. Et c’est trop mignon. Un vrai bon premier tome de shojo.

Akuma to love song, Tome 1 sur Amazon

Sept Clones

18 octobre 2011  |  Non classé

Un nouveau titre dans la série des 7 (pour rappel : 7 Survivants) ! Sept Clones est un one shot (bande dessinée en un seul tome) de pure SF.

Dans un futur pas si lointain, les extra-terrestres rentrent en contact avec les humains. Ils leur offrent l’accès à leur savoir contre une chose : avant, les humains devront vivre en paix, derrière un seul président. Le monde s’est donc petit à petit réorganisé pour atteindre cet objectif…Et fait vraiment flippé. Le moral des hommes est vérifié continuellement, et une aide médicamenteuse est proposée à la moindre incartade. En fait, tout est sous contrôle, lisse, propre.

Mais l’ère du renouveau est bientôt venue : l’ultime élection pour décider du Président de l’Humanité n’est plus que dans quelques jours.

C’est l’heure de l’éveil, pour sept hommes. Sept hommes, pas comme les autres, des clones, programmés pour éliminer ce Président…

Sombre et froid, Sept Clones nous plonge dans un avenir qui ne fait pas rêver du tout. Un monde où les technologies et les marques contrôlent tout, même notre envie de sourire. Mais c’est en même temps une vraie réflexion sur le destin, et le libre-arbitre…

Encore une fois, ce one-shot prouve la qualité de cette collection.

Sept clones sur Amazon