Je n’arriverais jamais à comprendre ma fascination pour les bouquins et les bd qui filent les chocottes, quand la simple idée de regarder un film d’horreur me fait pousser des petits cris paniqués (je n’en ai d’ailleurs pas regardé un seul depuis mes 17 ans) (même si très souvent le blog Horreur de Jack me donne envie de changer d’avis, et puis ma panique reprend le dessus).
Pourtant, il est clair que les auteurs sont aussi doués par écrit pour te coller des frissons et te rendre mal à l’aise. Mais là, par contre, j’y prends beaucoup de plaisir (même si après je ne me sens pas super bien).
Bienvenue à Hoxford est un comics court, mais qui, indéniablement, te retourne le ventre approximativement à chaque page. D’abord avec ses personnages dégueux, ensuite avec son ambiance glauque, ses dialogues répugnants, et sa violence sanguinolente (ça donne envie, hein ?).
Prenons un petit groupe composé des pires raclures possibles. Genre violeurs d’enfants de chœur et de cadavres de mamies, collectionneurs de têtes, cannibales, tout ça. Bref, une bande de mecs sympas. Il est clair que ces messieurs pourraient enchaîner 45 peines d’emprisonnement à perpétuité, ça n’en fera toujours pas des citoyens exemplaires. Alors, le gouvernement américain décide de les refourguer à une société privée qui s’en occupera à leur place. Une société russe (or, vous savez déjà que dans les fictions américaines, les russes sont toujours les pires ordures de l’Univers, pourtant, là, ils ont de la concurrence), un centre aux méthodes aussi révolutionnaires qu’archi secrètes, destinés à rendre un peu d’humanité aux criminels qu’ils accueillent.
Ça c’est la version officielle, parce que personne n’est jamais rentré vérifier les progrès des détenus. Jusqu’à maintenant, où une jeune psy, qui a suivi un certain nombre des nouveaux arrivants, tient absolument à les revoir pour vérifier qu’on continue de leur donner leurs traitements. Un cas l’intéresse en particulier, Ray, avec qui elle avait fait de beaux progrès.
Ray est un genre de colosse qui n’a pas eu une enfance très funky. Et qui aujourd’hui se prend pour Dieu, planqué derrière ses lunettes. Ray a tué beaucoup de monde, sa spécialité c’est de les égorger avec les dents. Le gendre idéal, un peu.
Voilà, ça c’est pour le début de l’histoire (pourtant j’ai dit que c’était court, et c’est court, mais il faut bien planter le décor). Maintenant, bienvenue à Hoxford.
Ce comics, donc, tourne vite au cauchemar. En même temps, enfermer une bande de tarés chez une autre bande de tarés (les russes sont vilains, on a dit), ça peut difficilement être beau comme une chorale de gospel.
C’est violent, méchant, cruel, mais très drôle aussi. Enfin si on aime l’humour noir et les personnages déglingués. Le dessin est à la hauteur du truc, sombre, barré, et très beau en même temps. Templesmith (l’auteur, qui a signé pas mal d’autres comics à succès) se fait vraiment plaisir, et si on aime ce genre de délires, c’est une vraie réussite. A ne pas coller entre toutes les mains donc, je dirais même âme sensible s’abstenir, mais sinon allez-y, vous verrez, c’est plutôt cool.
Bienvenue à Hoxford sur Amazon
Pour les madmoizelles interessées, l’auteur se trouvera toute la semaine du 12 au 17 à Strasbourg, avec une séance de dédicace mercredi à la Fnac…!