Archive for septembre, 2011

Journal d’un journal

30 septembre 2011  |  Coups de coeur

Mathieu Sapin, auteur de bd à qui l’on doit déjà ‘Feuille de Chou (Journal d’un tournage)’, reportage sur le tournage du Gainsbourg de Sfar, revient cette fois-ci avec Journal d’un journal, une plongée au sein de la rédaction de Libération.

On a tous, ou presque, je pense, une histoire avec Libé. Moi c’est l’image de mon père qui le lisait en buvant son café, quand j’étais petite. Et puis aussi une fascination un peu inexplicable de ma part pour le ‘portrait’ en dernière page. En tout cas ce qui est sûr c’est que ce journal a une image un peu à part.

Pendant six mois, Mathieu Sapin s’est promené un peu partout dans les locaux de ce grand quotidien, tendant l’oreille, prenant des notes, posant des questions, pour essayer de comprendre, et de nous montrer, ce qu’est le quotidien…d’un grand Quotidien. En plus, on peut dire qu’il a été verni niveau effervescence, ces six mois ayant été riches en actualités (la Tunisie, la Lybie, le Japon, la mort de Ben Laden, l’affaire DSK, le Festival de Cannes…).

Le reportage est donc formé de petites scènes de vie, de rencontres, d’instants. Et puis quelques phrases marquantes, simplement illustrées en une scène. Mathieu sapin reprend aussi quelques plans et organigrammes pour être plus clair.

D’un côté on pourrait regretter que ça ne soit pas plus complet (il n’est pas allé partout, a forcément loupé des moments, et puis surtout cela reste vraiment des ‘scènes’. mais d’un autre côté, le Journal d’un journal, c’est vraiment la mise en bd de ce souhait qu’on a souvent fait ‘j’aimerais bien être une petite souris’. Là on est clairement une petite souris au sein de Libé, et on en observe une partie des éléments, des rouages.

On croise la route de journalistes, photographes, reporters, archivistes. On assiste à des interviews, on se fait refouler de Matignon. Et puis on comprend un peu ce qui fait que Libé est à part. Cette espèce de passion, d’attachement profond et sincère qu’ont les journalistes pour leur journal. Et puis une histoire pas comme les autres, qui, même si Libé a beaucoup évolué, reste là et influence encore d’une certaine manière chaque page du journal.

Parfois drôle et en tout cas toujours passionnant, une expérience à part que raconte à merveille Mathieu Sapin.

Journal d’un journal sur Amazon

Junk Love

29 septembre 2011  |  Non classé

Un garçon, une fille. D’abord des discussions sur un chat, puis une rencontre en vrai, née d’un malentendu. Le garçon ayant confondu le pseudo de la demoiselle et pensait voir arriver une autre…

Une histoire sans grande passion, mais où finalement l’un et l’autre éprouvent des sentiments plus compliqués qu’il n’y parait. Tissée par un jeu de flashback, et de répétitions. Sans que l’on n’arrive toujours à reconstituer la chronologie des faits, on revoit, comme des nouvelles, les mêmes scènes vécues du point de vue de chacun.

Et toujours ce fil conducteur, la nourriture. Après une engueulade,  ou une absence, ils vont faire des courses, ou il ramène quelque chose à manger. Finalement symbolique de leurs relations, où lui impose toujours des choses qu’elle n’aime pas, la laisse toujours payer. et elle, passive, comme dans une attente. Qui souffre en silence, ne montre rien, et finit par ne se rattacher qu’aux restes de ces repas à deux dès qu’il n’est plus là.

Comme toujours dans les manhwas (équivalent du manga en Corée), le rythme est lent, nostalgique, et empreint de beaucoup de poésie. Les histoires d’amour se découvrent dans cette balade tranquille, dans ette espèce de tristesse pleine d’optimisme.

Junk Love est comme un instantané, quelques semaines ou mois dans une relation amoureuse où chacun cherche trop à se protéger pour prendre le risque de s’ouvrir un peu.

Junk Love sur Amazon

L’Île de Puki tome 1

Une petite fille se réveille sur une île étrange. Dès son arrivée, son nouveau guide lui explique qu’elle ne pourra sortir de là et rentrer chez elle qu’à la seule condition de trouver un ‘coeurâme’, dernière pièce d’une machine qu’elle devra reconstruire d’ici là.

Dans un univers adorable et frais, l’Île de Puki est le genre de jolie bd d’aventures, pleines de personnages pétillants.

La construction, le thème, le rythme, rappellent l’univers d’un jeu vidéo (un monde à découvrir, une mission qui se fait étape par étape, des rencontres, amies et ennemies), et c’est un vrai plaisir à lire.

Le dessin est très joli, les personnages attachants, et l’univers dense et poétique.

L’île de Puki : Tome 1 sur Amazon (avec les premières pages en lecture)

Luminae tome 1

29 septembre 2011  |  Coups de coeur

Bon bon bon, plusieurs jours déjà que je veux parler de Luminae, mais j’ai un souci : je ne sais absolument pas comment le résumer. C’est bête parce que c’est vachement bien, donc nous passerons très rapidement sur cette étape.

Luminae donc, nous plonge tout de suite dans son histoire, son atmosphère, et ce premier tome plante le décor et les personnages sans vraiment nous expliquer les choses. Bizarrement ça n’est pas frustrant, juste que je serais bien incapable de présenter les personnages ou ce qui se passe vraiment.

C’est en tout cas dans un monde plutôt médiéval fantastique, et plusieurs groupes semblent se craindre et se rechercher. c’est un monde en guerre, dangereux. Parmi eux, de jeunes guerrières aux pouvoirs puissants et mystérieux. Ailleurs encore, le mal, le vrai.

Luminae est assez étonnant donc, parce qu’il ne nous met pas ‘en condition’ mais nous plonge tout de suite au cœur des combats. On comprend des éléments petits à petit, en observant tours à tours chacun des personnages. La narration est donc vraiment prenante, et le dessin superbe (à l’image de la couverture).

Un ovni qui vaut le coup d’œil, une belle surprise (comme d’habitude chez Ankama me direz vous).

Luminae, Tome 1 sur Amazon

Midgard T1

28 septembre 2011  |  Non classé

Voilà une bd étonnante. Ou plutôt deux bd, ou une en deux. Bref, ça parait compliqué mais c’est tout simple.

Midgard, ce sont deux histoires qui se croisent à un moment donné. En gros on la lit dans les deux sens, on y découvre deux histoires, qui se rejoignent au milieu (qui est donc la fin du premier volume pour les deux).

Le vrai intérêt, assez bluffant d’ailleurs, c’est que les histoires n’ont strictement rien à voir, à priori.

Face A : Une invasion viking qui tourne au fiasco, un valeureux guerrier qui se retrouve laissé pour compte à terre, et qui va faire équipe, bon gré mal gré, avec un petit gars du coin.

face B : Un petit être étrange, loin, ailleurs, dans un autre monde, qui doit purger sa peine pour ses nombreux méfaits et se retrouve ‘testeur’ d’une nouvelle méthode de réinsertion : il est chargé de s’occuper avec ses co-détenus, des larves de son peuple.

De l’historique et de la SF, rien qui puisse, à priori, avoir un rapport. Et pourtant déjà, dans les deux histoires, le style graphique et l’humour de l’auteur se découvrent avec le même plaisir, avec ce petit plus de se demander constamment comment l’un va rencontrer l’autre…

Une bonne surprise donc, avec un concept rafraichissant, et un résultat qui tient bien la route derrière, les deux histoires se lisant avec plaisir.

Midgard, Tome 1 sur Amazon