Archive for juin, 2011

Milky, le joli livre de Lilidoll…

26 juin 2011  |  Coups de coeur

 

Peut-être connais-tu déjà le travail de Lilidoll. De mon côté, je croise souvent ses illustrations, et je me retrouve à chaque fois avec des étoiles pleins les yeux. Elle a un univers bien à elle, plein de jolies filles, d’une nature pétillante et d’animaux mignons. Pourtant, dans Milky, livre pour lequel elle a eu carte blanche et publié sur le label VenusDea (comme le merveilleux Sabine par exemple), Lilidoll nous propose un univers toujours aussi beau, mais plus sombre et mystérieux…

Milky est une promenade, une visite guidée d’un monde enchanté mais aussi terrifiant, parfois. Le mignon se mêle au cruel, le kawaïï au sanguinolent. Pourtant, toujours, on retrouve la douceur et la poésie qui émanent de tout le travail de Lilidoll.

Milky, à la lecture, donne l’impression d’une balade au fil de l’eau, où l’on se laisserait porter, à la fois rêveuse et captivée par ce qui nous entoure. Ce n’est pas une bande dessinée mais un livre illustré, où les textes (que l’on peut lire, sur chaque page, en français ou en anglais, le label VenusDea étant international) se fondent dans les superbes illustrations et laissent la part belle aux songes…

Un vrai coup de cœur que ce joli livre, doux et poétique, mais aussi surprenant, et pleins de petits frissons, et j’ai eu la chance de pouvoir poser quelques questions à l’adorable auteure…Je la laisse donc vous en dire plus…

 

 

Qui est Lilidoll ? Pouvez-vous vous présenter pour celles qui ne vous connaitraient pas encore ?

Bonjour Madmoizelle,
Je m’appelle Lilidoll, je vis et travaille à Nantes depuis 3 ans.
Je suis illustratrice freelance pour la presse, l’édition de livre, la publicité, la papeterie et le design d’objet de décoration.

Quel est votre parcours ?

J’ai toujours aimé le dessin, et les arts en général.
Mais l’envie d’en faire ma profession est venue sur le tard, et je me suis orientée vers le dessin après un baccalauréat général.

J’ai commencé par un BTS de Communication Visuelle (graphisme, publicité et design éditorial).
Ensuite, comme je voulais m’orienter plus précisément vers le dessin, j’ai rejoint l’école de bande-dessinée d’Angoulême (EESI).
L’école de BD est un lieu très vivant et dynamique, j’y ai fait de belles rencontres qui ont marqué mon travail actuel de manière très profonde.
C’est là que j’ai commencé à travailler en tant qu’illustratrice freelance.

Après mon diplôme, je suis restée trois ans à Angoulême, en résidence d’artiste à la Maison des Auteurs (MDA) pour travailler sur mes projets.
J’ai ensuite emménagé à Nantes, où avec mon ami nous avons rejoint l’atelier « La Baie Noire », qui regroupe des artistes nantais.

Comment est né Milky ?

Il y a plusieurs années, Barbara Canepa m’a proposé de faire un projet pour le label Venusdea, qu’elle commencait tout juste à mettre en place, aux cotés de Clotilde Vu.

J’avais rencontré Barbara Canepa pendant mes études, à Angoulême, lors du festival BD.
Elle s’intéressait beaucoup à tout ce qui se faisait en marge du festival.
A ce moment-là, nous organisions des expositions avec un groupe d’amis, et nous réalisions des fanzines et des revues de bande dessinée qui sortaient pour le festival (Chococreed…).

Barbara et Clotilde m’ont donné carte blanche pour un projet, cette confiance m’a beaucoup touchée.
Le plus délicat a été de cerner ce que je souhaitait dessiner.
MILKY était l’occasion rêvée d’explorer mon travail de manière plus intime, et de trouver de nouvelles directions.
J’ai pu remettre en question mes acquis graphiques, car je travaillais déjà depuis un moment, mais dans une direction plus ronde et enfantine.
J’avais envie d’aller à la rencontre d’un autre univers, et de voir ce qu’il en sortirait.

Je me rends compte finalement que ces deux directions de travail (jeunesse et plus adulte) se mélangent dans MILKY.
Ce n’est pas un livre destiné aux enfants, mais on y retrouve des éléments proches du conte, et une certaine candeur.

Comment raconteriez-vous votre livre à quelqu’un qui ne l’a pas encore ouvert ?

L’histoire de MILKY peut se présenter comme la découverte d’un nouveau monde, c’est une promenade dans des lieux fantasmés, où l’ombre et la lumière cohabitent en douceur.

Je souhaitais mettre en place un petit monde inventé, pour le développer de manière libre et joyeuse.
Le personnage de Milky est le fil directeur de cet endroit que l’on imagine plus complexe.
En la suivant dans son parcours, on va au devant de cet univers, pour le découvrir de l’intérieur.

Lorsque je rencontre les lecteurs autour du livre, je suis agréablement touchée par les réactions, je crois que chacun aborde le livre d’une manière différente, selon son vécu ou ses goûts personnels, et cela me plaît beaucoup :)
Je voulais que l’univers de Milky pousse à rêver, et à lâcher prise avec la réalité.

Comment s’est déroulée la création du livre ?

Le projet s’est monté petit à petit, il a évolué sur la longueur.
Je l’ai laissé mûrir un long moment, tout en travaillant sur d’autres projets.

Au départ, j’ai montré à Barbara Canepa et Clotilde Vu des recherches graphiques, dont le personnage principal, pour définir une direction de travail, et quelques éléments narratifs.
Elles m’ont fait confiance pour la suite.
Le projet a beaucoup changé entre temps, mais j’ai toujours gardé ces dessins préparatoires en tête lors de la réalisation.
Ils ont été le fil directeur de mon travail.

Pour l’histoire, j’ai défini à l’avance les univers dans lesquels je voulais que les personnages évoluent et les rencontres que je voulais déclencher..
Le texte et l’image se sont enrichis durant le projet, car je ne souhaitais pas travailler dans une forme trop rigide.

Quelles ont été vos influences, qu’est ce qui vous a inspirée pour créer cet univers ?

Il y a beaucoup de choses qui m’inspirent, autant dans la vie de tout les jours que dans les arts.
Il y a des moments que je trouve magiques dans le quotidien, et qui vont me marquer durablement, et imprégner mon travail.

Je suis une grosse lectrice, de tout type de littérature, et je vais beaucoup au cinéma, ou voir des concerts, des expos…
La musique m’apaise, elle a une très grande importance dans la genèse de mes images.

Avez-vous lu récemment un livre ou une bande dessinée qui vous a particulièrement marquée ?

Sans réfléchir, mon dernier coups de coeur BD serait « Les Derniers jours D’un Immortel » de Vehlmann et Bonneval. J’ai adoré « Fables Nautiques » de Marine Blandin aussi, vraiment superbe, un vrai coup de coeur ! Et je viens de lire « Polina » de Bastien Vivès, j’ai bien aimé.

Quels sont vos prochains projets ?

J’ai commencé une adaptation littéraire pour la collection Métamorphose, qui sortira en 2012.
Il s’agit d’un texte qui a beaucoup marqué mon enfance, et que j’ai toujours rêvé d’illustrer.
J’ai hâte d’en donner ma vision, et de le partager avec les lecteurs !

Il y aussi un projet de livre pour enfant en route, j’en suis à la phase d’écriture actuellement et j’espère qu’il prendra forme l’année prochaine.

Conjointement à mes projets d’édition, je travaille pour une grande marque de parfum depuis décembre dernier, sur un projet de longue haleine, qui sortira en 2013.
Je me suis remise à la presse jeunesse aussi, car cela me manquait de travailler pour les enfants.

Et je prépare une nouvelle collaboration en papeterie et objets de décoration pour 2012-2013, ainsi qu’un nouveau projet de t-shirt, que j’aimerais (enfin) concrétiser cet été.

Je continuerai à participer à des expositions aussi, collectives ou personnelles (autour de MILKY) à partir de novembre prochain,
j’en reparlerai sur mon blog le moment venu !

Book : http://lilidoll.ultra-book.com/

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Blog : http://lilidoll-minidoll.blogspot.com/

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Atelier : http://www.labaienoire.net/

Drakka tome 1

Encore une nouvelle série cool de chez Ankama ! Mafieux pourris version New York futuriste, monstres affreux et armes lourdes. De quoi en prendre plein la tête.

Tout commence donc dans une luxueuse chambre à New York, où un vieux boss de la mafia est en train de crever. Loin de verser une larme à son chevet, son fiston se frotte les mains. La Hyène (c’est son surnom, qui laisse présager que la relève est bien assurée niveau salopard) trépigne d’impatience que son géniteur lâche enfin son dernier souffle, et qu’il puisse récupérer l’héritage (les sous, le POUVOIR). Mais le vieux machin n’a pas tout à fait dit son dernier mot, convoque sa progéniture et lui fait part d’un grand secret : dans l’histoire, la Hyène n’est pas seul, il y a un second héritier. Drakka. Bâtard qui aux yeux du papa, mérite autant d’avoir sa chance que l’officiel. Alors voilà, pour départager celui des deux qui remportera le gâteau (on ne partage pas, dans la mafia), il n’y a qu’un moyen, une lutte à mort.

Le petit Drakka, qui a vécu toute une vie de débrouille dans un bidonville où règne la violence, pourrait bien donner du fil à retordre à son cher grand frère qu’il ne connait même pas. Et pour cause, si le sang paternel qui coule dans leur veine est pourri jusqu’à la moelle, l’apport génétique de sa maman n’est pas non plus du genre sympa. Et sa famille ne ressemble pas beaucoup à un petit groupe émouvant sur une photo sépia. Ils sont plutôt du genre poilus, difformes, très puissants, et ils ont beaucoup, beaucoup de dents.

C’est drôle, un rien débile, ça pète dans tous les coins, et les armes lourdes à haut niveau technologique trouvent adversaires à leur taille quand il s’agit de se battre contre des monstres.

Le dessin et les couleurs nous en mettent pleins la tête, et ça fait encore plus de bien qu’un très bon film d’action.

Qui donc sera le plus rusé, le plus méchant, le plus doué, dans cette lutte où il n’en restera qu’un ?

Drakka, Tome 1 : Le sang du vioque sur Amazon

Divine Nanami tome 1

11 juin 2011  |  Non classé

Ouais ! Un nouveau shojo !

Bon, ça ne sera pas le titre du siècle, mais c’est rigolo, et y’a des yokais, donc c’est cool :)

Nanami est une ado comme les autres, mais qui se retrouve à la rue et sans le sou quand son père accro au jeu et criblé de dettes fuit et la laisse gérer seule ses créanciers. C’est ainsi qu’elle fait la rencontre d’un homme farfelu et étrange, qui finit par lui offrir sa demeure et ses domestiques, en lui disant qu’elle n’a plus qu’à s’y rendre pour prendre possession de sa nouvelle maison…

Mais quand elle y arrive, ce n’est pas une riche demeure, mais un temple tout pourri qu’elle a sous les yeux. Et pire, les yokais qui habitent les lieux lui expliquent la situation. L’homme qui lui a fait ce cadeau étant le dieu des lieux, ayant déserté depuis de nombreuses années, elle en est par conséquent la nouvelle déesse.

Devenir déesse d’un temple quand on est une banale lycéenne ? Pas évident, surtout quand le job consiste à 1) faire le ménage, 2) user de pouvoirs magiques que l’on n’a jamais eu, 3) se coltiner le caractériel Tomoé, yokai qui a toujours été au service de l’ancien propriétaire des lieux (et accessoirement très beau jeune homme-renard).

Mais Nanami a du caractère à revendre, et va vite découvrir deux choses. D’abord, ce temple n’est pas si pourri, et en plus, Tomoé n’est pas aussi méchant qu’il le laisse paraitre…

Voilà, Divine Nanami c’est rigolo et chou, sans doute pas le manga de l’année mais un petit shojo qui se lit avec plaisir, ce qui perso, me suffit amplement.

Divine Nanami, Tome 1 sur Amazon

Beauté tome 1 Désirs Exaucés

 

Voici un véritable petit bijou. Le genre de bd à laquelle on fait des câlins, et qu’on pourra relire mille fois…

C’est un superbe cadeau que nous font Hubert (au scénario) et Kerascoët (au dessin), qui ont déjà travaillé ensemble, et uniquement pour le meilleur, avec Miss Pas Touche (dont te parlait Pénélope ici). Les Kerascoët (c’est un couple d’auteurs) ont également sorti une de mes bandes dessinées préférées du monde entier, Jolie Ténèbres (et Marie Pommepuy, la femme du duo, était également au scénario sur le merveilleux Cœur de Glace).

Bref, voici donc le trio de retour avec une nouvelle série répondant au doux nom de Beauté, et qui se veut un très joli conte de fée, ou un détournement de conte de fée, enfin bref, c’est comme un conte de fée sauf que ça ne s’arrête pas au « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ». Et, tu l’auras compris, cette bd est elle aussi directement rentrée dans la courte liste de mes bandes dessinées préférées du monde entier.

Mais plutôt que de continuer à tergiverser, reste à te raconter l’histoire…

Morue est laide, vraiment laide. En plus elle passe ses journées à écailler du poisson, résultat elle pue. Moche et puante, en faudrait-il vraiment plus pour être la risée de tout son village ? La jeune fille subit moqueries et mauvais tours sans discontinuer. Mais un beau jour, Morue, qui cache sa tristesse seule au fond d’un bois, prend dans ses mains un petit crapaud, et verse une larme contre lui, petit être laid et difforme qui ne peut que comprendre sa souffrance.

Mais le crapaud n’en est pas vraiment un (pour rappel : nous sommes dans un conte de fée) et l’esprit qu’elle délivre par la magie de ses larmes lui offre, pour remerciement, de lui exaucer un vœu.

Elle ne réfléchit pas longtemps avant de demander ce qui lui manque si cruellement, la beauté. Mais le petit être ne pouvant la transformer, il change uniquement la perception que les autres auront de Morue. Laide elle est née, laide elle restera, mais tous ceux qui poseront le regard sur elle verront face à eux la plus belle femme qu’ils aient jamais croisée.

Mais être sublime est-il plus reposant que d’être laide ? Dès qu’un homme la voit, il ne songe plus qu’à lui sauter dessus, et la jeune fille devra fuir aussitôt. Tout s’arrange pourtant quand le beau Seigneur la croise et s’éprend d’elle…Enfin jusqu’à ce qu’elle commence à s’ennuyer seule dans son château, pendant qu’il part à la chasse toute la journée…Morue, rebaptisée Beauté par son amoureux, s’interroge. Une femme aussi belle qu’elle ne mérite-t-elle pas un destin plus beau, plus grand ?

Tu l’auras compris, Beauté c’est comme un conte de fée, mais avec une héroïne qui ne se contente pas d’attendre le Prince Charmant en soupirant. Elle change, évolue, apprend, et réaliser son vœu le plus cher ne la rendra pas pour autant plus heureuse. Au contraire, sa naïveté, et son espoir de mériter le bonheur l’empêchent de voir la chance qu’elle avait déjà, et de comprendre qu’il vaut mieux quelqu’un qui nous aime pour ce qu’on est, que pour ce qu’il croit voir en nous…

Le dessin est aussi beau que ce à quoi les Kerascoët nous ont habitué, les couleurs rendent parfaitement l’ambiance d’un conte de fée ancien, et les dialogues sont savoureux. On y retrouve vraiment les ingrédients d’un conte, mais avec toujours la petite touche de profondeur supplémentaire qui change tout. C’est drôle, savoureux, on s’émeut, on rit, on s’interroge. on s’énerve même parfois contre cette héroïne qui ne fait, après tout qu’espérer des jours meilleurs. Même si les fées semblent avoir décidé de ne pas se pencher sur son berceau. Et je trépigne déjà d’impatience de lire le deuxième tome…

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La Belle Mort

3 juin 2011  |  Coups de coeur

 

Encore (toujours !) une nouveauté de chez Ankama qui déboite. Décidément, cet éditeur ne cessera jamais de me surprendre.

L’histoire se déroule dans un futur proche. 5 ans que des bestioles ont envahi la terre et décimé la population. Au milieu de cette jungle urbaine, dangereuse et vide, trois hommes survivent encore, ne s’arrêtant presque jamais de marcher, afin de trouver de quoi se nourrir et un endroit où dormir en sécurité, et continuant de garder en eux l’espoir un peu fou que peut-être, ils ne sont pas les seuls. Ils ne sont pas amis de longues dates, simplement ils sont toujours là et forment donc un trio involontaire, mais nécessaire à leur survie.

Mais malgré la peur constante, les questions ne cessent de s’insinuer dans leurs esprits. D’où viennent ces insectoïdes de toutes tailles, rampants, grouillants, et qui ont semé la désolation sur notre monde ? Et cette lutte entamée par les trois héros pour survivre a-t-elle un sens ? Ont-ils un destin particulier, ou bien cela ne rime-t-il à rien ? Pourquoi s’acharner à vivre quand la date de péremption des boites de conserves trouvées ça et là indiquent froidement la dernière des échéances ?

À la fois bd d’horreur, de science fiction, et réflexion sur le sens de la vie, La Belle Mort est superbe. Bon, si tu as la phobie des mille pattes et autres cafards, prépare-toi à quelques frissons dans la nuque, mais je suis pour ma part complètement sous le charme de cette première bd de Mathieu Bablet (qui nous offre là un titre incroyablement dense et maitrisé, pourtant né en 1987…). Un très beau dessin, qui colle parfaitement à l’esprit du label 619, une histoire bien plus profonde qu’il n’y paraît, à l’atmosphère lourde, lancinante, mais en même temps très belle.

T’en dire plus serait déjà gâcher le plaisir, mais ce qui est sûr c’est que pour moi la Belle Mort est un gros coup de cœur, de ceux qui marquent et nous suivent un bon moment…

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