Polina

Bastien Vivès s’est imposé, très vite, comme un auteur sur qui il fallait compter. On aime ou pas (perso il y a quelques unes de ses bd qui ne m’ont pas branchée, d’autres m’ont bouleversée) mais en tout cas on ne peut que lui reconnaitre un vrai talent. Deux même. Un dessin à part, beau, sur le fil, et un vrai talent de conteur. Il raconte les petits riens de la vie, leur donne de la matière, de l’épaisseur, et au lieu de l’ennui il leur confie une aura superbe.

Pénélope Bagieu a déjà chroniqué un de ses titres sur Madmoizelle, et il y a quelques jours Fab te montrait justement son travail sur Polina.

Vu que c’est un peu quitte ou double entre les bd de Bastien Vivès et moi, je ne sais jamais à quoi m’attendre.

Mais déjà, j’aimais l’objet. Lourd, beau, avec une très belle couverture.

Polina retrace une dizaine d’années de la vie de la petite (qui devient grande) Polina. Une petite fille qui, au tout début de l’histoire, vient danser devant un grand professeur, dans l’espoir d’être acceptée dans son école. C’est effectivement ce qui se passe, et l’on va donc suivre, par instants, les années qui vont suivre ce moment. Ses cours difficiles, ses amies de l’internat. Sa solitude quand le dit professeur la fait travailler toute seule, loin de ses copines. Son immense talent. Polina grandit, apprend, persévère, elle change d’école un peu malgré elle, s’y sent perdue, doit tout reprendre à zéro.

Elle devient une jeune femme, tombe amoureuse. Découvre, rencontre, voyage, apprend. Difficile de consacrer du temps à sa vie privée face à une passion aussi grande.

Au fil de Polina, on la croise seulement quelques jours par an, quelques jours qui, à chaque fois, vont changer la donne, réorienter ailleurs son destin.

C’est une petite fille qui devient femme, c’est une chrysalide qui devient papillon. On ne devient pas une immense artiste avec des cours, c’est au fond de soi, c’est de la volonté, et un jour, un déclic change tout.

Polina fera donc partie de ces bd de Bastien Vivès qui m’ont bouleversée, c’est beau, tendre et sombre à la fois. Car la vie de danseuse n’est pas toujours facile, et que sa vie va la pousser à grandir plus vite, avec beaucoup moins d’insouciance que les enfants de son âge. Polina a la grâce, sur scène, que déploie Bastien Vivès pour raconter son histoire. Avec amour, pudeur. Il nous offre une héroïne sublime, un peu paumée. Il ne l’épargne pas parce que la vie ne nous épargne pas, mais il lui offre assez de force de caractère pour affronter les épreuves et en sortir grandie.

Une bd sublime, aussi gracieuse, fragile et forte que Polina quand elle se met à danser.

Polina sur Amazon

Le blog de Bastien Vivès


 


1 Comment


  1. Bastien Vivès a du talent. C’est certain.
    Malheureusement, il se laisse aller à la facilité en abandonnant le pastel au profit de la palette graphique.
    Polina est un objet froid, sans âme.
    L’histoire ne manque pas d’intérêt mais laisse indifférent.
    Ce serait bien que Vivès se consacre à des propos moins cul-cul la praline.
    La gestion de son blog pose aussi problème.
    Ses histoires de dessins pour le jeu Street fighter…
    A quoi bon ?
    A près de 30 ans, on voudrait lire autre chose. Quelque chose de plus réel, plus fort, plus violent, avec plus d’enjeux.
    Polina sent trop le savon et pas assez la foufoune pour paraphraser un personnage de la télé.
    Vivès est en train de perdre sa poésie.
    La technique utilisée y est pour beaucoup.
    Ce serait bien qu’il revienne aux fondamentaux en termes de technique et qu’il soit beaucoup moins scolaire dans son propos.
    Sinon on aura bientôt l’impression de lire la version bd d’une fiction du lundi de TF1.
    Que Vivès se mette en danger et quitte le confort de la vie des bo-bos parisiens.
    Le résultat en sera probablement bien meilleur.

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