Oyé oyé, à l’occasion de la sortie de Black Butler Tome 6 , les éditions Kana, Virgin Megastore et l’association SOHEI organise un grand concours de cosplay sur le thème de la série.
Cela va se passer au Virgin des Champs-Elysées, le vendredi 4 mars à 20h, les participants défileront devant les caméras pour une diffusion en direct sur la page facebook de Virgin Megastore. A priori pleins de cadeaux à gagner, dont le premier prix, un weekend à Londres pour 2 personnes. Toutes les modalités sont là (l’inscription également, jusqu’au premier mars, puis sur place).
Delcourt est une maison d’éditions du genre ‘poids lourd’ dans le paysage bande dessinesque français. Ils se distinguent par un catalogue aussi varié que qualitatif. Et beaucoup de gros succès.
De la bd ‘franco-belge’ classique comme Sillage, de Cape et de Crocs, de titres plus ‘indé’ (notamment la collection Shampooing, dirigée par Trondheim), des comics (l’adaptation en comics de Star Wars, mais aussi Walking Dead, Hellboy), mais aussi des mangas (et surtout des shojos, comme Nana et Fruits Basket). Bref, Delcourt est un éditeur touche-à-tout qui semble remporter le succès à chaque fois (ils ont également un très beau catalogue jeunesse), qui n’oublie pas ses classiques (ils ont d’ailleurs également la collection ex-libris, qui est sans doute la meilleure collection si tu cherches une adaptation de textes classiques fidèle en bd) mais qui sait aussi prendre des risques.
Cette petite présentation pour dire qu’en 2011, Delcourt fête ses 25 ans. Pour fêter ça, trois évènements (enfin il y avait déjà quelque chose à Angoulême, mais c’est passé) : une expo au Centre Belge de la Bande Dessinée à Bruxelles, du 8 février au 29 mai, une seconde expo au Festival International de Lausanne (du 9 au 11 septembre prochain) et un évènement mystérieux au Festival Quai des Bulles à Saint Malo (du 28 au 30 octobre prochain).
Mais c’est également l’occasion de sortir une édition collector de quelques uns de leurs titres phares, au mois de mai : L’origine (Marc-Antoine Mathieu), Happy Sex (Zep), Donjon Monsters t10 (Sfar, Trondheim, Bézian), Pourquoi j’ai tué Pierre (Olivier Ka et Alfred), New York Trilogie (Will Eisner), From Hell (Alan Moore et Eddie Campbell), les Mauvaises Gens (Etiennt Davodeau), Trois Ombres (Cyril Pedrosa), Chroniques Birmanes (Guy Delisle), Sept Missionnaires (Ayrolles et Luigi Critone), Île Bourbon (Appollo et Trondheim) et Ayako (Osamu Tezuka).
Happy Birthday Delcourt !
L’Appel des Légendes est le premier tome d’une série cool. Une série qui mixe action et magie, humour et baston.
Cathya Mac Findly est une jeune femme, spécialiste des contes et légendes. Fraichement diplômée, elle obtient un job des plus étonnant. Elle va diriger une section secrète, le Groupe d’Intervention Cryptozoologique. Une petite équipe chargée de résoudre des mystères, et d’accomplir des missions, toutes liées au Petit Peuple. Oui mais voilà, entre connaitre le monde des fées comme il est raconté dans les contes, et la vérité, il y a un pas. Accompagnée par 4 coéquipiers, la voici qui part pour sa première mission : trouver Excalibur.
Dans le descriptif de l’éditeur, on parle d’un mix de MIB, Hellboy et Merlin l’Enchanteur. je ne saurais mieux dire. Drôle, décalé, bourré d’action, l’Appel des Légendes remet les fées au goût du jour (et elles ne sont pas toujours très sympas). Un dessin de qualité, et une histoire qui va de rebondissement en rebondissement. Une plongée dans le fantastique version XIX ème siècle (ce qui rappelle donc MIB, ils sont là, c’est juste qu’on ne le sait pas), et des personnages intéressants (entre autre un ancien soldat, recruté pour son don pour ‘sentir’ les personnages magiques, et qui avait passé ces derniers mois à l’asile). Bref, une vraie bonne petite série d’action.
Ce manga fait partie de ces titres qui prouvent tout le talent des japonais pour raconter le quotidien et ses douleurs avec une certaine légèreté. Ils savent, mieux que personne, insuffler un soupçon de magie, un peu de bonne humeur, et raconter ainsi, avec pudeur et force en même temps, ce que la vie peut avoir de violent, parfois.
Nagisa est une ado comme les autres. peut-être un peu plus sérieuse et mélancolique. Élevée par sa mère, elle partage aussi sa vie avec son grand frère. Mais justement, celui-ci, depuis quelques années, vit reclus chez eux, à ne faire que lire. Incroyablement brillant mais refusant tout contact avec le monde extérieur, toutes les économies de leur mère partent pour lui payer ses livres. Alors Nagisa ne veut pas être un poids de plus, et compte, dès la fin du collège, s’enrôler dans l’armée. Un jour, une nouvelle arrive dans sa classe. Son nom de famille indique qu’elle est la fille d’une star de la chanson, mais dès son arrivée elle nie tout en bloc, et affirme être une sirène venue sur terre pour étudier les humains. Mokuzu, car c’est ainsi qu’elle s’appelle, s’entiche sans aucune raison de Nagisa, qui essayait plutôt de la fuir, ne supportant pas les enfantillages de Mokuzu.
A lollypop or a bullet raconte l’adolescence, l’amitié, mais traite aussi de bien des sujets, qu’ils soient propre à la société japonaise ou non. L’absence d’un parent, les difficultés financières, la violence, et le phénomène des hikikimori (dont je t’avais déjà parlé pour Cat Street), ces jeunes qui vivent reclus chez eux. Tout en finesse, avec la légereté d’un shojo tranquille, qui raconterait le quotidien de deux ados dans une petite ville, et la naissance de leur amitié, l’auteur distille ici et là des éléments qui montrent que l’histoire sera bien plus forte que cela.
Un très beau dessin et beaucoup de finesse, donc, pour un très joli manga.
Je sais pas toi, mais j’aime bien les histoires de pirates. Attention, pas les gentils losers d’Astérix, ou une vision romantique et héroïque de ces brigands. Non non, les vrais pourritures, seulement appâtées par l’argent facile, et prêts à tuer n’importe qui sans aucun état d’âme, du moment qu’il est sur son chemin.
Le Capitaine Crown est mort, dans des circonstances troubles et abjectes, et c’était pas le dernier des pourris. Oui mais voilà, il a laissé un testament à son second, chargé de réunir sa douce progéniture, semée au 4 coins du monde, afin de leur léguer son trésor. Voici donc l’équipage (pas du tout d’accord au demeurant), qui accueille donc les 5 rejetons (dont deux gonzesses ! tout le monde sait que ça porte la poisse, sur un bateau). Surtout ques ces maudits pirates ne sont absolument pas au courant qu’ils voguent désormais vers le plus beau trésor de leur ancien boss…Une mutinerie se prépare.
Cette bd souffle un vent d’aventure qui fait du bien. Les 5 héros sont aussi différents que ‘piratesques’….surtout que le second suspecte l’un des enfants d’être à l’origine du meurtre du capitaine…Mais lequel ?
De l’aventure, un festival de personnages tous plus retords les uns que les autres, et ce qu’il faut de manigances et de combats pour que cette bande dessinée ne perde pas son rythme. Tu as toujours rêvée d’être une pirate ? Viens donc faire un tour à bord du navire du capitaine Crown !
Il y a des séries comme ça, où déjà les noms des auteurs annoncent que ça va être bien. Corbeyran (le Chant des Stryges) et Christophe Bec (Sanctuaire, Prométhée…). Bref, un peu du lourd.
Doppelgänger est une série assez classique dans son trait, et ce qu’il faut d’étrange pour être bien prenante. C’est l’histoire d’un mec qui arrive dans la ville où vivait sa mère pour son enterrement. Ça ne tiendrait qu’à lui il repartirait aussi sec, mais le notaire lui explique qu’il y a pas mal de choses à voir pour le testament. Le voici donc obligé de passer la nuit dans une petite pension. Pension où réside d’autres occupants, dont une jeune femme trouble, qu’il avait d’ailleurs déjà croisé plus tôt dans la journée. Mais il y a bien plus bizarre. Depuis l’enterrement de sa mère, il se retrouve régulièrement nez à nez avec…son double (un dopplegänger donc) qui se barre en courant à chaque fois qu’il essaye de s’approcher…
Qu’est ce que tout cela veut dire ? Surtout que dans le village, les évènements aussi inquiétants qu’inexplicables, animaux retrouvés morts, objets qui se brisent, se multiplient depuis son arrivée…
Dopplegänger (qui sera une série en 2 tomes) est donc un thriler fantastique ce qu’il faut d’inquiétant pour passionner les amatrices du genre…De quoi jouer à se faire peur, et ne plus trop savoir à qui se fier, tant tous les personnages semblent avoir des choses à cacher…
Hiiiii, mais que vois-je là ? Une nouvelle série shojo en même temps délicieusement guimauve ET complètement débile. Forcément, j’ai de suite l’eau àa la bouche.
La couverture, déjà, promet. C’est tout rose avec des masques de lapins kawaïï, il y a des petites étoiles, mais, en plus du titre, le héros a l’air d’un malfrat arrogant, et l’héroïne a l’air TOUT sauf choupitrognonne.
L’histoire ? Mafuyu était, dans son ancien lycée, une bagarreuse émérite qui s’était forgée une solide réputation à la force des ses poings (sauf qu’elle n’en demandait pas tant), se retrouvant malgré elle chef de gang. Mais un jour, lors d’une interpellation suite à une bagarre, tous ses subalternes la lâchent, et elle a des ennuis. Sa mère ne lui laisse alors pas le choix, elle va changer de lycée, et changer de vie. L’occasion pour la jeune fille de devenir une adorable adolescente, de connaitre émois amoureux et amitiés sincères, tout comme dans les shojos. Enfin ça c’est l’idée, mais très vite, son caractère va reprendre le dessus…
Fight Girl mélange donc instants de rêveries naïves et scènes de bastons, le tout avec un humour dévastateur (qui plaira sans nulle doute aux fans de Switch Girl), crétin juste comme il faut. L’auteur ne délaisse pas pour autant les codes du shojos en faisant intervenir dès le premier tome, non pas un mais DEUX mecs méchants mais pas vraiment, à l’air mystérieux et au passé trouble. Mafuyu ne va vite plus savoir où donner de la tête entre un prof principal complètement taré, et un voisin de classe des plus étrange…
Bref bref bref, un petit shojo comme je les aime, qui séduit autant en moi l’amatrice d’histoires un peu guimauve, que celle d’humour douteux, et qui, d’après ce premier tome, promet !
Bonus – les premières pages du manga, à lire en ligne
Cette bande dessinée étonnante est tirée de la nouvelle de Katherine Mansfield ‘The Garden Party‘. Ce n’est pas une traduction mise en image, mais une bd très personnelle, inspirée de cette histoire, et transposée à notre époque, en 2008 plus exactement…
Une garden party s’organise sur le domaine d’une famille aisée. L’une des filles est chargée de l’organisation (même si sa mère finira par mettre son grain de sel partout). La voici donc qui prend sa tâche très au sérieux, un peu perdue dans le tourbillon de l’organisation, et qui oscille entre la solennité de sa tâche et la légèreté de l’évènement. Et puis elle apprend que, dans le quartier pauvre, à quelques centaines de mètres seulement de chez elle, un homme est mort. Organiser une fête dans ces conditions lui semble malvenue. Que va penser la famille du malheureux en entendant l’orchestre alors qu’ils sont en deuil ?
L’histoire en elle-même est intéressante, mais plus encore, c’est le travail de l’auteur, Thierry Bouüaert qui rend cette bande dessinée si différente. Katherine Mansfield était néo-zélandaise et cette nouvelle a été publiée pour la première fois en 1922. Mais Thierry Bouüaert raconte l’histoire en France, en pleine crise financière. L’occasion de montrer l’intemporalité de ce clivage entre les plus aisés et les plus démunis, cet espèce de décalage incroyable entre la légèreté des plus puissants (pendant toute la garden party, qui a bien lieu, on butine ici et là les discussions des invités, et c’est vraiment surréaliste) et la gravité de la situation de ceux qui n’ont rien. L’auteur joue aussi de son talent pour passer d’un style graphique à l’autre, ce qui offre beaucoup aux différentes ambiances, à l’atmosphère, mais aussi à l’humanité des personnages (qui en sont parfois un peu dénués).
Après Soil, un manga très différent, mais tout aussi cool et étonnant.
Taro est un ado qui vit dans le petit village de Hananoki. Son grand père, qui l’élevait seul, vient de mourir, et Taro a donc arrêté l’école, attendant de savoir ce qu’il va bien pouvoir faire de sa vie, seul et sans un sou en poche. Un soir qu’il observe les étoiles, passionné d’astrologie, il assiste à une scène incroyable : une jeune fille escalade le grand arbre sacré de la forêt proche du village, et tombe. Il se précipite pour l’aider, mais ne trouve que ses vêtements…Mais il n’imagine pas ce qui l’attend à son retour à la maison…C’est le début d’un quotidien pas banal, pour le jeune Taro !
Nanja Monja est vraiment un manga délicieux. Joli et poétique (avec un côté un peu Miyazaki, c’est un peu l’argument qu’on te ressert dès qu’un manga a un vague rapport avec la nature, mais là c’est vrai), Nanja Monja mélange les genres pour former un cocktail délicieux. C’est le quotidien d’un petit village japonais, ce sont les mythes et légendes, apparaissant via un peuple magique et rigolo, peuplant la forêt, c’est aussi le quotidien d’un ado, avec ses potes et le deuil de sa seule famille, mais il y a encore bien d’autres choses (une jeune fille portée disparue dans la région, enlevé par des mecs plus que louches…). Un joli dessin et un rythme ni trop lent, ni trop bourré de rebondissement, Nanja Monja se savoure vraiment. Une petite merveille, pour les adeptes de manga !
L’autre jour, j’avais un peu la flemme de bouquiner. Plutôt envie de rester zoner devant l’ordi (pour changer). Mais voilà, à côté de moi il y avait le tome 1 de Soil, et j’ai décidé d’y jeter un œil…pour ne plus le lâcher. Je crois que j’ai lu là le manga le plus étrange et le plus dérangeant qu’il m’ait été donné de rencontrer (et pourtant j’en ai lu, des mangas étranges et dérangeants…).
Soil est une ‘ville nouvelle’, le genre de quartier résidentiel qui pousse en un instant, et ressemble à une petite banlieue tranquille et familiale (mais tu as vu Edwards au Main d’Argent et Desperate Housewives, tu sais bien que ça n’existe pas, les petites banlieues familiales et tranquilles). Pendant la nuit, il y a eu une coupure de courant, due à la chute d’un poteau électrique à l’extérieur de la ville. Seulement, au même moment, une adorable famille de Soil a disparu, sans laisser de trace. Et, fait étrange, toutes les plantes autour de la maison ont disparu aussi (sans même qu’il ne reste une racine). Yokoi et Onada doivent enquêter sur tout ça, et ça ne sera pas de tout repos…
Le mangaka reprend ici les codes du thriller, du film d’horreur, et nous sert une histoire flippante, tarée, mais bourrée d’humour. N’empêche que ces gens, d’apparence gentils et propres sur eux, sont tous vraiment dérangeants, et l’atmosphère devient vite irrespirable. Le duo d’enquêteurs est bien barré (une jeune recrue super stressée, et un vieux pervers libidineux), et les situations deviennent de plus en plus étranges au fil de la lecture.
Le trait, qui rappelle plutôt certains comics américains que le manga classique, donne un cachet supplémentaire à cette ambiance en même temps aseptisée et répugnante.
Bref, Soil c’est cool, ça fait peur, et c’est addictif. Parfaite petite réussite pour le premier manga des éditions Ankama (tu as vu, cette fois j’ai réussi à tenir jusqu’à la fin pour te glisser que c’était Ankama, et ainsi ne pas commencer par : ‘c’est du Ankama, donc c’est trop bien’, je progresse grandement dans l’argumentation).