Sakuran

23 novembre 2010  |  Coups de coeur

Moyoco Anno. C’est exactement le genre de mangaka dont il faut retenir le nom (j’avoue, le nombre de mangakas dont je peut réciter le nom se compte sur les doigts des deux mains, et encore, mais Moyoco Anno en fait partie).

Un style excellent, sexy et explosif, un humour acérée, et une bonne humeur communicative. D’abord connu en France avec Happy Mania (décrit comme un Sex and the City à la japonaise), puis avec Chocola & Vanilla, qui a cartonné chez les collégiennes, voici Sakuran, qui est, disons-le, une bd pour les grandes.

Sakuran, c’est l’histoire de Tomeki, une petite fille vendue à une maison close. Son caractère bien trempé, ses rêves d’évasion, et son incapacité à se laisser dicter sa conduite font qu’elle est perpétuellement punie, et détestée de ses consœurs. En tout cas pour elle c’est sûr, elle ne se prostituera jamais…

Enfin c’est ce qu’elle pense, puisqu’elle deviendra avec le temps l’une des courtisanes les plus courues de la maison où elle travaille, son mauvais caractère la rendant irrésistible pour les hommes, et insupportable aux yeux des femmes.

Drôle, barré, et parfois un peu érotique (forcément, nous sommes dans l’intimité des prostituées), Sakuran nous fait découvrir le quotidien des courtisanes japonaises, que l’on confond avec les geishas. Tomeki, qui devient Kiyoha, est une fille forte, volontaire, qui ne se laisse jamais abattre malgré sa vie difficile. Et elle est prête à tout pour vivre comme elle l’entend, alors que sa vie ne lui appartient pas.

One shot (histoire en un seul tome) génial, Sakuran est l’un des premiers titres à paraitre dans la collection Pika Graphic, dédiés à des œuvres fortes et pour un public adulte. D’un format plus grand que les mangas habituels, c’est aussi un très très bel objet (couverture à effet, tranche colorée).

Tout ça pour dire que, moi aussi, je suis tombée sous le charme de la petite Tomeki, de la grande Kiyoha, insupportable courtisane qui refuse de devenir oiran (première prostituée de la maison close, la plus populaire et prisée).

Sakuran sur Amazon

Pour info, Sakuran a également été adapté en film, par la réalisatrice Mika Ninagawa.




6 Comments


  1. Aah, j’attendais la sortie de ce one-shot avec impatience ! Je tâcherais d’aller enquiquiner mon libraire cette semaine. Dans tous les cas, ce manga aborde un thème intéressant de la culture japonaise, parfois confondu avec les geisha, comme tu le dis dans ton article (Non, les geisha ne se prostituent pas, ce sont des dames de compagnie). Je me souviens que le dessin de « Happy Mania » ne m’avait pas enchanté, mais on verra bien pour cette histoire.

  2. héhé!! pour celles fans de films asiatiques, sakuran existe aussi en film, avec tsuchiya anna et narimiya hiroki!! à voir!!!

  3. Kallisto > le dessin est quand même moins ‘brouillon’ que dans Happy mania (Moyoco Anno a pas mal dessiné entre les deux, et ça se voit), mais son style, reconnaissable entre mille, reste le même. J’ai lu une partie de Chocola & Vanilla, ça a du me servir de transition, parce que le changement ne m’a pas choqué en tout cas…Même si c’est clairement mieux…Mais bref, tu me diras moi j’ai adoré :)
    Wasabix > oui il faut absolument que je le regarde !

  4. Lu hier soir et j’ai été soufflée. L’histoire est palpitante du début à la fin, et on est vraiment plongé dans la maison close et son atmosphère. De plus, on voit bien l’effort de documentation de la mangaka car plein de petits détails rappellent l’époque de notre Oiran (Ah, les geta avec des talons de 30 centimètres…). Un petit bémol par contre : j’ai l’impression que ce tome avait une suite, car lorsque je l’ai terminé, j’ai lu « Sakuran, première partie – fin » en bas de page. Ça laisse un peu sur sa faim, mais c’est toute de même génial.*
    Au sujet du dessin, j’ai apprécié, surtout les vêtements et le fameux sourire de l’héroïne.

  5. Kallisto > dans le manga, il arrive malheureusement bien trop souvent que des séries s’achèvent brutalement…Bon là je me dis que la première partie est une sorte de conclusion, non ? Ou alors peut-être y’a-t-il une suite, et sortira-t-elle plus tard…C’est vrai que les vêtements (et les coiffures !) sont carrément sublimes, et qu’on sent que Moyoco Anno n’a pas fait ça à la légère…Ravie que ça t’ai plu !

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