Archive for octobre, 2010

Cat Street, la nouvelle série de Yoko Kamio

28 octobre 2010  |  Coups de coeur

Yoko Kamio, c’est la mangaka de Hana Yori Dango. Quand j’ai compris ça, j’ai su d’avance que j’aimerais Cat Street.

Hana Yori Dango est un peu spécial, pour moi, parce qu’un jour où j’allais vraiment mal, et où tout ce que je voulais c’était ne plus réfléchir, j’ai emprunté les 25 premiers tomes à mon travail (tous ceux sortis à l’époque), et j’ai passé l’après midi à les dévorer.

C’est peut-être donc un peu pour ça, mais aussi parce qu’Hana Yori Dango a un petit quelque chose en plus, que Yoko Kamio tiendra toujours une place particulière dans mon petit cœur d’amoureuse des comédies romantiques.

Je ne saurais même pas expliquer ce que cette série a de spécial, n’empêche que toutes les filles que je connais qui ont ouvert le premier tome en sont devenues accro. Peut-être la finesse de ses histoires, la douceur de ses personnages, la légère nostalgie qu’on lit entre les lignes. Peut-être l’humour jamais lourdingue. Peut-être ce dessin, ce trait, pas époustouflant, mais pourtant plein de personnalité.

Bref bref bref, tout ça pour parler de Cat Street, une nouvelle série de l’auteure, qui parait cette semaine chez Kana.

Keito a 16 ans, et cela fait neuf ans qu’elle n’est plus allée à l’école. Quand elle était toute petite, sa mère a décidé de faire d’elle une star, et l’a peu à peu déscolarisée pour l’obliger à se consacrer à ce monde de strass et paillettes. Ses derniers souvenirs à l’école sont pleins de brimades à son encontre (dues à la jalousie de ses camarades), et elle n’a jamais eu le courage d’y retourner, quand sa carrière a pris fin brusquement. Refermée sur elle-même, Keito vit chaque jour avec ses démons, et a l’impression qu’elle ne pourra jamais en sortir. Mais voilà qu’elle fait la rencontre d’un homme étrange, qui lui ouvre les portes de son établissement, El Liston, une école active. Le principe ? des ados jusque là descolarisés viennent ici librement, suivent les cours qu’ils souhaitent, mais peuvent aussi se détendre, et faire évoluer leurs projets. Sans le savoir, Keito commence alors une nouvelle vie…

Yoko Kamio s’attaque ici, avec beaucoup de sensibilité, au sujet des hikikomori. Des ados et jeunes adultes mal dans leur peau, qui se sont complètement renfermés sur eux-même, et vivent aujourd’hui reclus. C’est un problème de société au Japon, mais qui se retrouve finalement partout à travers le monde. Ici Keito, trahie par tous ceux qu’elle aimait, n’a plus le courage d’établir des contacts, persuadée par avance qu’elle en souffrira. Mais des rencontres inattendues vont peu à peu l’obliger à ouvrir son cœur…

Sensible, parfois drôle et toujours vraiment touchant, Cat Street m’a fait penser au délicieux Sawako. Yoko Kamio aborde avec finesse les thèmes de l’adolescence, de la confiance en soi, de l’amitié, de l’apprentissage de l’amour. On s’y retrouve toutes un peu forcément, même si notre vie n’a jamais été celle d’une enfant star. On a toutes été trahies, un jour, et il n’est pas facile de s’en remettre.

Un manga doux et tendre, mais jamais niais, qui se lit comme on savourerait une délicieuse confiserie, et qui donne le sourire. Que demander de plus ?

Cat Street, tome 1 et tome 2 sur Amazon

Edit – Kana (éditeur de Cat Street) m’a très gentiment proposé de vous offrir le premier chapitre de Cat Street en lecture gratuite en ligne. Et ça se passe par là (et on clique bien sûr sur la flèche vers la gauche pour lire, comme dans un manga classique -nan parce que j’ai beau être une habituée des mangas, à tel point que des fois si je perds le fil d’un roman je me mets aussi à tourner les pages de droite à gauche, bah là j’ai mis une bonne minute avant de capter ^^)

Encyclopedia Diabolica Tome 1

C’est dingue quand même, je me répète mais à chaque fois que j’ouvre une nouveauté de chez Ankama, je ne sais pas à quoi m’attendre, mais j’en ressort complètement fan.

Cette Encyclopédie des Yokaï français ne déroge pas à la règle…

Tout d’abord, qu’est-ce qu’un Yokaï me demanderez-vous ? Les accros aux mangas en ont forcément croisés, au moins un : le kappa (souvent utilisé dans des gags, sorte d’esprit-grenouille). Les yokaï sont, dans la mythologie japonaise, des esprits donc, qui interragissent avec les humains, et sont dotés de différents pouvoirs. Ce ne sont pas à proprement parlé des fantômes, et ils peuvent revêtir toutes les formes, de l’animal, donc, à l’objet usuel (genre une poêle à frire), en passant par des formes plus humanoïdes ou alors complètement délirantes (par exemple sur la couverture, tu peux voir un yokaï bigouden).

Leur origine vient de ses formes propices à l’imagination, que l’on distingue ou imagine dans la pénombre, et qui peuplaient donc la vie des japonais, quand l’électricité n’existait pas. Aujourd’hui, bien sûr, la technologie et la science ont relégué les yokaï au rend de simple croyance, mais ça n’empêche pas les japonais d’y être très attachés. Ils peuvent être parfois bons, parfois méchants, mais sont en général très farceurs. Forcément, la plupart d’entre eux sont liés à la nature, et sont aujourd’hui souvent utilisés dans les mangas, par exemple pour un message en même temps poétique et écolo (ce sont souvent des esprit de la forêt, ou d’une rivière, d’un arbre…).

Christophe Kourita est franco-japonais, et partage d’ailleurs sa vie entre ces deux pays. Au Japon il publie plusieurs séries de mangas. Cette Encyclopedia Diabolica est d’abord parue au Japon.

Elle est née d’une question d’un de ses collègues mangaka : y’a-t-il des yokaï en France ? Tu connais la réponse, non. Mais est-ce que les mythes populaires chez nous, sur les fées, les farfadets, et autres, ne se rapprochent pas un peu des yokaï ?

L’auteur s’est donc amusé a inventé des yokaï français, qu’il recense dans son encyclopédie, présentée en petites nouvelles. Chaque nouvelle s’attache à un lieu (Mont Saint Michel…) ou une région, et raconte l’histoire d’un homme qui va faire la rencontre d’un yokaï. Il mixe ainsi avec brio culture française et japonaise, avec fraicheur et humour.

Son dessin, et sa narration, sont aussi à mi-chemin entre ces deux cultures, offrant au lecteur une bd en même temps différente de tout ce qu’il a pu lire, mais qui ne manquera pas de lui rappeler pleins de choses.

L’Encyclopedia Diabolica se lit avec plaisir, et séduira sans aucun doute les amatrices de contes et légendes.

Encyclopedia Diabolica sur Amazon

Milady de Winter Tome 1

Milady de Winter, que Madmoizelle te propose de gagner, est une nouvelle très jolie surprise de l’éditeur Ankama…

Le petit rôle

Les personnages secondaires. Ce sont souvent, contre toute attente, ceux auxquels on s’attache le plus. Et c’est sans doute pour ça qu’Agnès Maupré a eu envie de raconter les Trois Mousquetaires de manière différente, sous un angle nouveau. Ici, Athos, Porthos, Aramis et D’Artagnan ne font que passer, car il est surtout question d’une femme.

Milady de Winter, on sait d’elle qu’elle est espionne pour le compte de l’affreux Cardinal de Richelieu. Mais qui est-elle, au fond ? Quelle est son histoire ? Brodant entre les lignes du roman d’Alexandre Dumas, Agnès Maupré raconte l’histoire de celle qui n’avait le droit jusque là qu’à un petit rôle.

Amour, sexe, intrigues et secrets, Milady n’a pas un destin comme les autres. Et elle ne pourra compter que sur son intelligence et son incroyable beauté pour se faire une place dans le grand monde, à une époque où les femmes n’ont pas à être autre chose qu’un joli sujet de distraction pour hommes riches.

‘Prenez du plaisir et de la joie, si vous êtes trop maligne pour être heureuse’

Milady de Winter a effectivement tout pour être une héroïne. Un destin plein de rebondissements, du culot à revendre, et un caractère bien trempé. Tous les hommes qui croisent son chemin tombent sous le charme, et elle sait très bien en jouer.

Tantôt drôle, tantôt tragique, mais toujours servi par le délicieux dessin d’Agnès Maupré, cette bd est un vrai régal. On y croise bien sûr les éléments qui relie Milady aux mousquetaires et au roman de Dumas, mais l’auteure a su imaginé sa vie, son histoire, pour en faire un personnage dense, qu’on déteste et qui nous touche en même temps. Elle ne pense qu’à elle-même mais n’a sans doute pas vraiment le choix si elle veut s’en sortir, dans un monde gouverné par les hommes.

Le blog d’Agnès Maupré

Milady de Winter sur Amazon

Deadman Wonderland

20 octobre 2010  |  Non classé

Ganta est un ado comme les autres. Mais un jour ordinaire, un homme habillé tout en rouge apparait dans sa classe, et assassine tous ses camarades sous ses yeux. Seul survivant du carnage, Ganta est tout de suite accusé, et enfermé à Deadman Wonderland.

Deadman Wonderland, dans un Japon du futur, c’est en même temps une prison, et une sorte de parc d’attraction. Les condamnés à mort s’affrontent pour le bonheur du public.

Ganta, petit gosse de 14 ans plutôt innocent et naïf, va devoir survivre dans ce monde impitoyable. Chose qui va lui être grandement facilitée par Shiro, une étrange jeune fille qui le colle et semble très bien le connaitre…

Deadman Wonderland, c’est un manga bourré d’action, et très sombre. Le scénario gagnerait à être un peu plus développé (mais malheureusement, dans les mangas, il faut souvent faire un choix entre action et narration, si on veut garder un rythme captivant), car l’idée de départ est bonne. Mais graphiquement, le manga tient ses promesses, on en prend pleins les yeux dans les scènes de combat.

Un seinen qui ravira les amatrices du genre, où se mêle adolescence, univers carcéral, freaks et pouvoirs surnaturels…

Les premières pages sont visibles ici.

Deadman Wonderland tome 1 sur Amazon

Des interviews sur Mad’

6 octobre 2010  |  A lire ailleurs, Coups de coeur

Je ne sais pas s’il y a du monde à lire ce blog sans lire Madmoizelle (ça serait sans doute présomptueux de ma part de le penser). Mais au cas où, je tiens juste à vous dire que j’ai eu la chance de réaliser deux interviews de deux artistes de talents. Nicoletta Ceccoli à l’occasion de la sortie de son artbook, et Manuel Arenas, pour parler de Yaxin, une bd sublime. Belle lecture :)