C’est une de mes premières chroniques sur le blog, et c’est avec joie que j’ai accueilli la sortie du deuxième et dernier tome de Rockabilly Zombie Superstar. Tout ce qui fait le charme d’Ankama à mes yeux s’y trouve. Un graphisme excellent, un univers et des références bien barrés, un brin d’humour crétin, et toujours un excellent résultat.
Au programme, donc, un sosie un brin pourri d’Elvis, des zombies et des humains finalement plus dangereux que leurs homologues putréfiés, une Dodge vintage, une pin up très rock’n'roll, et tout ce que l’Amérique compte de plus authentique.
Un deuxième tome plus riche en action que le précédent, mais toujours aussi barré.
Qui saurait résister à un cocktail réussi de rockabilly et de zombies ?
Je profite de la sortie du tome 4 (sur 5) de cette excellente série, pour te la faire découvrir.
Cellule Poison est sans conteste l’un des meilleurs polars en bd, et c’est avec un plaisir total que j’ai dévoré les 4 premiers tomes…
Claire, jeune fliquette, devient Clara, et infiltre un réseau de prostitution qui démarre en Albanie pour arriver jusqu’en France. Mais ce genre de chose se fait rarement sans égratignure, et Claire n’en ressortira pas indemne. Très bon polar d’infiltration, Cellule Poison décrit également le monde de la prostitution, sans gros effets ni fantasmes, et l’on plonge ainsi dans ce milieu froid et dégueulasse. Mais parce que l’auteur, Laurent Astier, ne se contente pas d’un banal jugement sans profondeur, en plus de décortiquer tous les rouages de ces réseaux, il plonge également son lecteur dans l’histoire de l’Albanie, pays meurtri par l’Histoire.
Tu l’auras compris, j’adore vraiment cette série, aussi passionnante qu’intelligente. C’est le genre d’histoire dans laquelle on s’immerge totalement, suivant avec appréhension le cheminement de Claire/Clara dans ce milieu hostile. La mise en couleur est elle aussi excellente et en met pleins les yeux (on est pas forcément dans une mise en couleur réaliste, plutôt dans des atmosphères) et rajoute encore à l’impression d’être dans l’histoire.
Sombre et brillant, le genre de polar qui séduira toutes les amoureuses du genre, lectrices de bd ou pas. A lire absolument.
Cellule Poison, tome 4 sur Amazon (avec les premières pages)
Ma passion pour les shojos n’est plus un secret pour personne ici. C’est donc avec déléctation que je me suis jetée sur ce nouveau titre paru chez Delcourt la semaine dernière et qui a le mérite d’allier les shojos à une autre de mes passions : la nourriture.
J’aime les sushis c’est l’histoire d’une minette en école de cuisine, complètement accro aux sushis. Son problème c’est qu’elle est la fille unique d’un pâtissier, qui compte bien sur elle pour reprendre l’entreprise. Elle a donc élaboré un plan infaillible : épouser le fils d’une grande famille de maîtres sushis, lui aussi élève dans sa classe, pour pouvoir ainsi se soustraire à son destin et vivre de sa passion. Elle doit donc le séduire. Mais c’est presque trop facile, et la demoiselle finit par se demander s’il n’y a pas anguille sous roche…
Un joli dessin, un thème original (et qui donne faim), et de l’humour. J’aime les sushis n’est pas le shojo incontournable de la rentrée, mais se lit tout de même avec plaisir, pour les fans du genre.
J’aime les sushis, Tome 1 sur Amazon
Et puis il y a aussi le troisième et dernier tome de Courage Nako !, pour qui j’avais eu un vrai coup de cœur (coup de cœur facile vu que je suis fan de cette mangaka, également auteure de Lovely Complex). Une histoire drôle et tendre, dont je te laisse lire le résumé dans ma chronique du tome 1.
Il ne reste plus que lui. Un homme, seul après l’apocalypse.
Il vit, doucement et tranquillement, dans un monde où il n’y a plus personne.
L’idée d’Entre les Ombres est étonnante et en même temps bien plus réaliste que les films d’actions post apocalyptique où une réaction nucléaire a transformé les ragondins en de dangereux prédateurs et où le héros doit lutter, seul, avec des armes digne d’un Mac Gyver.
Parce qu’être seul dans ce monde déserté, en vrai, c’est devoir trouver un lit (dans un magasin de literie), à manger (dans les supermarchés), mais le plus dur c’est surtout de se retrouver face à soi-même, face à ses démons et ses souvenirs.
Alors cet homme vit, chaque jour, doucement, songe à tout ce qui n’est plus, à celle qu’il aimait. Les fantômes l’entourent mais le laissent dans une profonde solitude, un calme presque étouffant, une sorte d’éternel ennui.
Un joli dessin tout en crayonné, et un mélange des genres plus que réussi. Ce n’est pas juste de la science fiction, ce n’est pas juste l’histoire d’un homme face à ses souvenirs. C’est un peu tout ça en même temps, et plus encore…
C’est l’histoire de Megan. Megan est une jeune femme, un peu, voir complètement paumée, qui n’arrive pas vraiment à se poser. Alors elle va d’une ville à l’autre, et on la suit, de chapitre en chapitre (un chapitre une ville). L’occasion d’un petit road trip à travers les États-Unis, qui s’entremêle à l’évolution de cette fille qui apprend à se connaitre au fur et à mesure de ses expériences et de ses échecs.
Grandir et devenir adulte n’est pas chose aisée. Il y a l’amour, l’amitié, le travail, le quotidien, et puis il y a soi-même, son reflet dans le miroir, son passé, toutes ses questions sans réponses. Brian Wood (scénario) et Ryan Kelly (dessin) nous livrent ici un voyage tout autant physique que spirituel. La force de ce comics étant de retranscrire avec talent en même temps l’évolution de Megan mais aussi l’atmosphère des villes qu’elle traverse. Chacune a une odeur, une musique, particulière, et c’est un peu comme si nous aussi nous voyagions, pour découvrir l’âme de l’Amérique et nous trouver nous, et faire le tri parmi nos aspirations.
Un titre atypique, une ballade, et puis quelques instantanés de vie, de ceux qui forment et transforment sans même qu’on y prenne vraiment garde.
Une petite note pour dire que le tome 2 de l’excellente série Metropolitan vient de paraitre. Je t’en avais parlé à l’occasion de la sortie du tome 1.
Dans ce second volet, l’histoire se densifie encore. Décidément, les frères Bonneau sont très très bons. En effet, ce sont deux frères (années de naissance 1986 et 1988) qui sont à l’origine de cette bd sombre et dense. Et m’est avis qu’ils vont pas mal faire parler d’eux.
Metropolitan, Tome 2 : Cocaïne sur Amazon (avec les premières pages).
Tutu est une petite fille curieuse et pleine de vie. Une belle matinée d’hiver, la voilà qui se perd, et finit par se retrouver dans une ville des plus étrange. Des pandas, des chouettes, et pleins d’autres êtres ont remplacés les humains, et se mettent à faire un scandale lorsqu’ils découvrent qu’une petite humaine a osé se montrer parmi eux. Emmenée de force par des policiers-lapins, la voici condamnée à rester ici, car personne ne semble disposé à l’aider à rentrer chez elle, bien au contraire.
Une histoire toute en poésie, qui rappelle le monde de l’enfance, mais reste une bd pour les grands. Un trait manga et un univers magique qui font penser à l’onirisme de Miyazaki. Le Rêve du Papillon est un très beau premier tome. On découvre avec l’héroïne ce monde proche et lointain du nôtre, on s’amuse devant tous ces personnages fabuleux, et on en prend pleins les yeux car le dessin, comme la mise en couleur, sont superbes.
Il y a vraiment de la magie dans cette bande dessinée, et je dois bien l’avouer il me tarde déjà de lire la suite des aventures de Tutu.
Le rêve du papillon, tome 1 sur Amazon (avec les premières pages)
Les bd de chez Drugstore sont toujours atypiques, souvent dérangeantes, et en tout cas vraiment d’une qualité indéniable. On n’aimera pas tout, forcément, mais quand même, voir leur logo sur la bd est la preuve qu’une grande attention a été portée au titre avant qu’il ne soit édité.
Ivan Brun avait déjà pas mal fait parlé de lui avec son précédent opus chez l’éditeur, No Comment. Une bd sans texte, avec un dessin faussement mignonnet, et des thèmes très trash. Avec War Songs il reprend le même principe, mais cette fois-ci en se concentrant sur le sujet de la guerre.
Businessmen sans cœur, terroristes, jeunes soldats, victimes innocentes et vrais pourris, War Songs passe, d’une scènette à l’autre, d’un coin de la planète à l’autre, d’une vie à une autre. La mise en page très sobre, l’absence de parole et le trait si particulier d’Ivan Brun apporte à ses histoire une apparente légèreté qui les rend finalement encore plus dures et crues.
En quelques pages, un jeune un peu paumé se fait embrigader, des gens meurent, d’autres s’enrichissent.
Un regard sans concession sur notre société et ses dérives. Dérangeant mais surtout très vrai.
Si tu me lis depuis un moment, tu sais que j’ai un penchant certain pour l’humour crétin. De fait, ce Tony Chu ne pouvait que me plaire.
L’histoire : Tony Chu est un petit flic sans histoire. Mais il est aussi cibopathe. Cet étrange mal fait qu’il peut en une seule bouchée, raconter la vie d’une carotte ou du cochon dont vient le morceau de lard dans lequel il vient de croquer (et bon, pour la carotte, ça reste paisible, mais pour le cochon, revivre en direct sa mise à mort c’est pas très funky). Le seul aliment pour lequel son don reste en sommeil, c’est la betterave. Alors Tony Chu ne mange que des betteraves. Dans le monde de Tony Chu, le gouvernement a interdit le poulet, à cause de la grippe aviaire, et les blancs de volaille se vendent désormais sous le manteau, et sont la raison d’un énorme trafic. Un acte héroïque de Tony, lors d’une enquète de routine, va l’amener à bosser pour le RAS, un service un peu spécial où l’on va lui demander de mettre son don à contribution. Après tout, ça n’est pas si horrible, de manger un bout de cadavre en décomposition, si c’est pour rétablir la vérité, si ?
Crétin, barré, et du genre absurde, Tony Chu Détective Cannibale est le genre de comics que j’aime. Découpé en scènettes, et ne s’embêtant pas trop avec un scénario bien construit, c’est le genre de petit plaisir qui détend sans se prendre la tête.
Il y a cette couverture, d’abord, qui évoque la scène géniale de Pirates des Caraïbes 2 où les pirates-poissons sous les ordres de Davy Jones sortent de la mer (juste pour cette scène, j’ose le dire, ce deuxième opus est mon préféré). Il y a l’histoire ensuite.
C’est même une histoire dans l’histoire, puisqu’on y trouve deux hommes attablés dans un bar un rien malfamé. L’un d’eux raconte à l’autre. Une histoire qui parle d’un certain Achab, à l’époque où il avait encore deux jambes. Une histoire qui parle de marins. Une histoire qui parle du kraken.
Cette bd mélange les genres, et c’est d’ailleurs l’idée de la collection dont elle est issue. Mêler classique de la littérature du XIXème, et récit fantastique. Les légendes s’entremêlent pour mieux nous perdre, et l’on savoure les clins d’œils et références. Ce premier tome donne le ton, sans pour autant tout dévoiler (l’histoire sera complète en deux volumes). En effet, plus d’un mystère demeure, et pas seulement venu du plus profond de la mer.
Une histoire qui séduira les amatrices de fantastiques, de créatures mystérieuses, et d’histoires de marins.