Avoir un enfant, lui filer (de base) son patrimoine génétique, puis l’armer pour la vie. Ca peut être beau, dit comme ça, mais ça se termine souvent en « retournage de l’apprentissage contre ta face ». Obiwan contre Dark Vador, quoi. L’élève qui pète la gueule au maître.
Ce matin, Kim veut faire sa mariole et va d’elle-même sur la rue vers la voiture alors que je suis encore en train de fermer la porte. Je lui hurle dessus un bon coup, histoire qu’elle comprenne que sa mère ne me pardonnerait jamais si elle passait sous les roues du bus. Douze secondes plus tard, je reviens vers la naine toute penaude de son excursion avortée, la prend entre quatre yeux et – vous allez voir – je fourche un peu :
- Kim, tu ne vas pas sur le trottoir toute seule ! (c’est là que je fourche)
- Voui. (c’est son truc du moment, elle dit « VOUI »)
On embarque dans ma vieille Mégane griffée PD sur le capot et Lyna, qui n’a pas pipé un mot jusque-là, me fait :
- Papa, t’as dit à Kim « TROTTOIR ».
- …
- Tu voulais dire « rue », hein ?
- ……………. Oui oui, t’as bien compris.
- C’est pas grave, Papa, je pense que Kim a compris.
- (soupir) ………………. (bordel, les années à venir vont être funky fresh)

(Le gars coupé en deux, c'est Obi Wan - et là, c'est moi en l'occurence. J'espère que vous aurez capté la métaphore.
Après tout, ça a un côté très noble, je trouve, le côté « l’élève pète un genou au maître ». Non ? J’attendais juste que ça arrive pas tout de suite, histoire d’avoir le dessus encore quelques années…