Hommage aux seconds

Lundi 6 juillet 2009

Ma femme et moi, on est des aînés. Et on a tous les deux des frères cadets, qui ont la particularité de crier au monde entier qu’ils sont les mal-aimés de la famille (je te vois, Fred, devant ton ordi en train de dire « l’enfoaaaaaré ! »).

Jusque là, on se gaussait tous les deux depuis notre piédestal d’aîné en prenant nos frangins respectifs pour des brayous*. Et puis faut dire que – pour prendre l’exemple de mon frérot – il a trop usé de la technique « je te gonfle je te gonfle je te gonfle jusqu’à ce que t’en puisses plus ARGH tu m’as tapé BOUHOUHOU maman il m’a tapééééé »** pour que je prenne en compte ses considérations  de vilain petit canard de la family.

Pour autant, il convient de rendre à Cizeur

- Est-ce qu’ils sont pleurnicheurs ? Non. Même si un vieux réflexe pavlovien d’aîné me donne envie d’hurler OUIIIII-OUIIII-OUIIII-EUH tout en sautillant autour d’eux, mais en vrai : non.
- Est-ce qu’ils sont vraiment mal-aimés ? Dans les faits, aujourd’hui, pas du tout. On pourrait faire une liste de leurs griefs, que chaque argument pourrait se démonter rationnellement l’un après l’autre. MAIS toujours est-il que c’est un fait, un ressenti et que ça ne se juge pas.

Et donc oui, jusqu’à la semaine passée, avec ma femme, on rigolait donc un p’tit peu d’eux.

Puis Lyna est partie en vacances far far away avec mes parents. Et on est restés seuls avec Kim.

Et là, on a compris.

Pour faire simple  : on ne s’est jamais autant occupés de Kim que la semaine passée. C’est très nul, mais c’est un peu normal. Malgré nos efforts pour ne pas poser Lyna sur son trône de grande, elle a le chic pour accaparer l’attention dès qu’on se soucie de sa petite soeur. Ou de venir, telle une relou à lunettes rouges, s’incruster au moment d’intimité qu’on partage avec la cadette.

La semaine passée, avec Kim, on a chahuté, on a bagarré, on a pris des photos d’elle toute seule, on l’a filmée, on a causé avec elle, on l ‘a aidée à marcher (elle fait ses premiers pas)…

Conclusion de tout ça : cette histoire de mal-aimé, ça doit venir de trèèèès loin, de la toute petite enfance, parce qu’effectivement et c’est triste à dire, même en faisant tous les efforts du monde, on ne peut pas accorder autant d’attention à la p’tite deuxième qu’on en a accordée à la p’tite première.

A tous les seconds du monde entier : on a sans doute été relous à toujours faire les aînés, à faire tout plein de trucs avant vous (dont la plus importante : NAÎTRE), c’est donc dans un élan de Ségolènisme que je vous demande pardon au nom de la France et de tous les aînés du monde entier.

* un brayou : un pleurnicheur dans le patois deuch’Nord. Les autochtones auront compris.
** il convient également de rétablir la vérité sur un point : il est arrivé plusieurs fois que quand on avait fait une connerie, mon frère prenne une tarte « en première intention » si j’puis dire avant même que mes parents sachent qui était le fautif. Vilain p’tit canard, j’vous dis.


 


7 Comments


  1. Coucou Papa !

    Bon ce mea culpa est de bon ton et de saison. ;-)
    Mais je mets un bémol.
    Je crois que ça peut dépendre beaucoup du sexe du second et de la différence d’âge entre les 2 lardons.
    Je m’explique de façon empirique.
    Je suis une enfant du milieu (la plus mauvaise place y paraît).
    Cependant, comme j’étais la seule fille, j’avais droit à nombre d’égards (parfois étouffants justement).
    Mon fiston à presque 10 ans de différence avec sa soeur et du coup, on est tout/tous à lui (les adultes comme la frangine).
    Bref, tout ça pour te dire que ta Kim, elle est craquante ! ;O)

  2. Ben t’as mis tout ce temps à t’en rendre compte ??

    Fallait me demander avant : je suis loin d’être une mal-aimée. Mais j’ai passé les 10 premières années de ma vie à croire que j’avais été adoptée. Il n’y avait quasiment aucune photo de moi entre ma naissance et mes 18 mois.

    « Pas le temps d’en faire », m’a expliqué ma mère. Ben pour le premier, t’es tellement tout émerveillé, que temps ou pas, il est mitraillé l’aîné. Pfffff…

  3. La Mère Joie -> oui, c’est vrai, mais je me rends compte aussi que je n’avais pas d’exemple autour de moi de p’tit second de sexe unique ou bien avec un grand écart… c’est sûr qu’à 10 piges d’écart, en tant que parent, on est peut-être plus enclins à redécouvrir les joies du bébés que quand on les a vécus à quelques mois d’écart (encore que, en y réfléchissant bien, pour moi, je suis pas si sûr :)).

    Coco > Bah oui mais ça veut dire aussi que ta mère, et ben elle était de bonne foi épicétout :]

  4. Je confirme : je suis ze seconde. Pas de photo de moi avant presque 2 ans, et même après, il n’y a pas beaucoup de photo seule, je suis tout le temps avec mon frère (16 mois de différence), mais lui il a des photos seul….
    Humpf pour les parents… du coup, si jamais j’ai deux enfants, je me dis que j’espère donner autant d’attention (au moins photographique!) à number 2.

    (premier comm, mais je lis par intermittence depuis avant le premier livre)

  5. Une ainée de plus...

    Ah, ah..Moi je suis une ainée…Et j’ai toujours ralé que mes parents étaient beaucoup plus permissifs avec P’tite Soeur. ( ils devaient être moins stressés après s’être fait la main sur l’ainée).

    ça n’empêche pas la dite P’tite Soeur de se lamenter sur tous les tons que j’étais la préférée et que personneuuuh ne l’aime, elle…

    Jamais contents, hein, ces enfants ;) ?

  6. J’ajoute, pour être franche, que mon frère aîné a souvent dit que j’étais plus protégée que lui, que ce n’était jamais ma faute etc. Et moi, je dis qu’il a tout eu (droit de faire ceci et cela) et pas moi – non seulement number 2 mais en plus une fille!).
    Effectivement Une aînée de plus a raison, nos ne sommes jamais contents.

  7. Fred le Frérot

    Oui la réaction tant attendue est là…Le frérot en question, qui n’est autre que le parrain de Kim la 2ème…qui mieux qu’un 2ème pour la comprendre !
    Pour résumer, ce qui est dit est vrai même si aujourd’hui, je peux dire que je n’ai jamais manqué d’amour (quoique…:D) même si j’étais le 2ème garçon et qu’après est arrivée la princesse tant attendue !
    Seulement le frangin a oublié de raconter le moment qui a valu ce fameux commentaire du 2ème mal aimé.
    Je fais court : Un jour à Auchan (lieu de pélerinage dans le nord) la Super Nintendo vient de sortir (j’entends déjà les gamins de 20 ans rirent aux éclats…ça vous arrivera aussi) et mon frangin s’en saisit et la met dans le caddie. Ma mère ne capte rien et continue un peu les courses puis tout à coup : « c’est quoi ça ? » Le Fab : « c’est une nouvelle console, elle est trop bien…patati et patata » (précision, à l’époque elle coutait 1249 francs, càd un bras à notre âge). La mère : « on va en discuter quand même avec ton père ». Le Fred : « Maman, j’peux avoir ça ? » (un truc à la con, à 39 francs) La mère : « Ah non, hein, c’est bon… »
    Voilà qui résume ou qui illustre ce post…

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